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Citations d'Émile Zola : 34 textes sourcés
Trente-quatre citations d'Émile Zola composent cette page, tirées de huit oeuvres différentes, de la critique d'art à la lettre ouverte de l'affaire Dreyfus. Chacune porte son oeuvre, son éditeur et son année quand ils sont connus, pour distinguer une phrase sourcée d'une formule qui circule sans origine.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
On n'aime bien que les femmes qu'on n'a pas eues.
Les sanglots d'un homme ont des sécheresses navrantes.
Une œuvre d'art est un coin de la création vu à travers un tempérament.
La religion tolérait bien des faiblesses, quand on gardait les convenances.
À retenir
- 34 citations sourcées d'Émile Zola composent cette page, tirées de 8 oeuvres différentes.
- Émile Zola est né à Paris en 1840 et mort à Paris en 1902 ; il est le chef de file du naturalisme et l'auteur du cycle Les Rougon-Macquart.
- Les oeuvres citées vont de La Curée, publiée en 1872, à l'édition posthume des Œuvres complètes, publiée chez François Bernouard en 1927, soit 55 ans d'écart.
Qui était Émile Zola
Émile Zola naît à Paris en 1840 et y meurt en 1902. Considéré comme le chef de file du naturalisme, il est l'auteur du cycle romanesque Les Rougon-Macquart, qui suit l'histoire d'une famille en France sur plusieurs générations. Très engagé dans la vie politique de son époque, il joue un grand rôle dans la révision du procès d'Alfred Dreyfus, militaire victime de l'antisémitisme. Trente-quatre citations sourcées de Zola composent cette page, tirées de huit oeuvres différentes, de La Curée en 1872 à l'édition posthume des Œuvres complètes en 1927.
Les citations de Émile Zola, avec leur source
Ces trois citations viennent des huit oeuvres présentées plus bas, de la critique d'art à la lettre ouverte de l'affaire Dreyfus. Dans l'esprit du naturalisme qui anime Zola, les citations sur la science complètent cette page ; les citations sur l'art prolongent la définition qu'il donne de l'oeuvre d'art dans Mes haines.
Sur l'art, dans Mes haines
« Une œuvre d'art est un coin de la création vu à travers un tempérament. » Cette définition, publiée chez Charpentier en 1879, resitue l'art du côté du regard porté sur le réel plutôt que du réel lui-même.
Sur la vérité, dans J'accuse… !
« La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera. » Cette phrase de la lettre ouverte de l'affaire Dreyfus reste la plus reprise de Zola, alors que les faits sourcés ici n'indiquent ni éditeur ni année pour ce texte.
Sur l'amour, dans Pot-Bouille
« On n'aime bien que les femmes qu'on n'a pas eues. » Cette formule ironique, publiée chez Charpentier en 1883, tranche avec le ton plus grave des autres textes de la sélection.
Les citations sur l'amour élargissent ce registre plus léger, loin du ton engagé du reste de la sélection.
Les œuvres d'où viennent ces citations
Les huit oeuvres citées sur cette page peuvent se lire dans l'ordre où Zola les a publiées, de La Curée en 1872 à l'édition posthume de ses Œuvres complètes en 1927.
- La Curée (Fasquelle, 1872) : deuxième roman du cycle, sur l'argent et la corruption d'un régime impérial finissant.
- La Fortune des Rougon (G. Charpentier, 1879) : premier volume du cycle, où Zola pose son projet sur l'hérédité dans une famille.
- Mes haines (Charpentier, 1879) : recueil de critique où Zola expose sa définition de l'art et sa méfiance envers la science du beau enseignée par les philosophes ; les citations sur la beauté prolongent cette réflexion sous un angle plus classique.
- L'Assommoir (Charpentier, 1879) : plongée dans la misère ouvrière parisienne.
- Pot-Bouille (Charpentier, 1883) : satire de la vie bourgeoise.
- L'Argent (Charpentier, 1891) : roman sur la spéculation financière.
- J'accuse… ! : lettre ouverte de l'affaire Dreyfus, sans éditeur ni année indiqués dans les faits sourcés de cette page.
- Œuvres complètes (François Bernouard, 1927) : édition posthume qui réunit une réflexion sur le lien entre vérité et bonheur, « La science a-t-elle promis le bonheur ? » ; les citations positives sur le bonheur offrent un contrepoint plus lumineux à cette question.
Domaine public : ce que cela autorise
Émile Zola meurt en 1902, ce qui place tous ses textes sous le régime du domaine public depuis longtemps : les 70 ans de protection après la mort d'un auteur sont dépassés depuis plus d'un demi-siècle. Les 34 citations sourcées de cette page, tirées des huit oeuvres présentées plus haut, peuvent donc être reproduites, adaptées ou même vendues, sans autorisation ni redevance, à condition de respecter le texte.
Ce que le domaine public ne couvre pas
Une édition récente d'une oeuvre de Zola, avec son appareil de notes ou sa préface, peut porter des droits propres à cette édition, même si le texte original de Zola, lui, reste libre depuis 1972.
Les 30 autres citations
Aucun bonheur n'est possible dans l'ignorance, la certitude seule fait la vie calme.
La vérité et la justice sont souveraines, car elles seules assurent la grandeur des nations.
Chaque fois que la science avance d'un pas, c'est qu'un imbécile la pousse, sans faire exprès.
La science du beau est une drôlerie inventée par les philosophes pour la plus grande hilarité des artistes.
Paris flambait, ensemencé de lumière par le divin soleil, roulant dans sa gloire la moisson future de vérité et de justice.
La mort n'était bonne que parce qu'elle supprimait l'être d'un coup, pour toujours. Oh ! dormir comme les pierres, rentrer dans l'argile, n'être plus !
Mais les bêtes sauvages restent des bêtes sauvages, et on aura beau inventer des mécaniques meilleures encore, il y aura quand même des bêtes sauvages dessous.
La science a-t-elle promis le bonheur ? Je ne le crois pas. Elle a promis la vérité, et la question est de savoir si l’on fera jamais du bonheur avec de la vérité.
Je n'ai guère de souci de beauté ni de perfection. Je me moque des grands siècles. Je n'ai souci que de vie, de lutte, de fièvre. Je suis à l'aise parmi notre génération.
Mon idéal, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d’avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez un lit, une table et deux chaises, pas davantage…
J'aime les ragoûts littéraires fortement épicés, les œuvres de dédacence où une sorte de sensibilité maladive remplace la santé plantureuse des époques classiques. Je suis de mon âge.
Ah ! la crevaison des pauvres, les entrailles vides qui crient la faim, le besoin des bêtes claquant des dents et s'empiffrant de choses immondes, dans ce grand Paris si doré et si flambant !
Je hais les railleurs malsains, les petits jeunes gens qui ricanent, ne pouvant imiter la pesante gravité de leurs papas. Il y a éclats de rire plus vides encore que les silences diplomatiques.
Oui, demain est aux grands capitaux, aux efforts centralisés des grandes masses. Toute l'industrie, tout le commerce, finiront par n'être qu'un immense bazar unique, où l'on s'approvisionnera de tout.
L'idée de charité le blessait, le jetait hors de lui : la charité c'était l'aumône, l'inégalité consacrée par la bonté ; et il n'admettait que la justice, les droits de chacun reconquis, posés en immuables principes de la nouvelle organisation sociale.
L'argent [est] le fumier dans lequel pousse l'humanité de demain. [...] L'argent, empoisonneur et destructeur, devenait le ferment de toute végétation sociale, servait de terreau nécessaire aux grands travaux dont l'exécution rapprocherait les peuples et pacifierait la terre.
Elle ignorait [...] les histoires de sa royale fortune [...], toute une vie de vols effroyables, non plus au coin des bois, à main armée, comme les nobles aventuriers de jadis, mais en correct bandit moderne, au clair soleil de la Bourse, dans la poche du pauvre monde crédule, parmi les effondrements et la mort.
Il y avait là, en un groupe tumultueux, toute une juiverie malpropre, de grasses faces luisantes, des profils desséchés d’oiseaux voraces, une extraordinaire réunion de nez typiques, rapprochés les uns des autres, ainsi que sur une proie, s’acharnant au milieu de cris gutturaux, et comme près de se dévorer entre eux.
- Ah bien ! vous êtes encore innocents de vous attraper pour la politique !… En voilà une blague, la politique ! Est-ce que ça existe pour nous ?… On peut bien mettre ce qu'on voudra, un roi, un empereur, rien du tout, ça ne m'empêchera pas de gagner mes cinq francs, de manger et de dormir, pas vrai ?… Non, c'est trop bête !
Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d’êtres, se comporte dans une société, en s’épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus, qui paraissent, au premier coup d’œil, profondément dissemblables, mais que l’analyse montre intimement liés les uns aux autres. L’hérédité a ses lois, comme la pesanteur.
La haine est sainte. Elle est l'indignation des cœurs forts et puissants, le dédain militant de ceux que fâchent la médiocrité et la sottise. Haïr c'est aimer, c'est sentir son âme chaude et généreuse, c'est vivre largement du mépris des choses honteuses et bêtes. La haine soulage, la haine fait justice, la haine grandit. [...] Si je vaux quelque chose aujourd'hui, c'est que je suis seul et que je hais.
(Zola nous décrit Renée Saccard prendre conscience de sa situation !)... Sa vie se déroulait devant elle. Elle assistait à son long effarement, à ce tapage de l'or et de la chair qui était monté en elle, dont elle avait eu jusqu'aux genoux, jusqu'au ventre, puis jusqu'aux lèvres et dont elle sentait maintenant le flot passer sur sa tête, en lui battant le crâne à coups pressés. C'était comme une sève mauvaise.
L'Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l'Europe. Il fallait à cette poignée d’aventuriers qui venaient de voler un trône, un règne d’aventures, d’affaires véreuses, de consciences vendues, de femmes achetées, de soûlerie furieuse et universelle. Et, dans la ville où le sang de décembre était à peine lavé, grandissait, timide encore, cette folie de jouissance qui devait jeter la patrie au cabanon des nations pourries et déshonorées.
La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera.
Mais cette lettre est longue, monsieur le Président, et il est temps de conclure.
L’idée supérieure de discipline, qui est dans le sang de ces soldats, ne suffit-elle à infirmer leur pouvoir d’équité ? Qui dit discipline dit obéissance.
Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.
Ah ! tout ce qui s’est agité là de démence et de sottise, des imaginations folles, des pratiques de basse police, des mœurs d’inquisition et de tyrannie, le bon plaisir de quelques galonnés mettant leurs bottes sur la nation, lui rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le prétexte menteur et sacrilège de la raison d’État !
Et c’est fini, la France a sur la joue cette souillure, l’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime social a pu être commis.Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j’ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis.
Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice. Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour ! J’attends.
Questions fréquentes
Quelle est la citation la plus connue de Émile Zola ?
« La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera. », tirée de J'accuse… !, la lettre ouverte de l'affaire Dreyfus, compte parmi les plus reprises de la sélection.
De quelle œuvre viennent les citations de Émile Zola ?
Cette page sourcée cite 8 oeuvres, de La Curée publiée en 1872 à l'édition posthume des Œuvres complètes publiée chez François Bernouard en 1927.
Les textes de Émile Zola sont-ils libres de droits ?
Émile Zola est mort en 1902 ; ses textes sont dans le domaine public depuis 1972, soit 70 ans après sa mort, et peuvent être repris librement en gardant la formulation exacte.
Comment citer Émile Zola correctement dans un devoir ou un discours ?
Indiquer l'oeuvre précise, comme Mes haines publié chez Charpentier en 1879, plutôt qu'une simple attribution au nom de Zola : les 8 oeuvres de cette page servent de référence vérifiable.
Sources et méthode
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