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Citations de Jean-Jacques Rousseau, avec leurs sources

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), philosophe et écrivain genevois de langue française, a laissé des pensées reprises depuis deux siècles. Cette page réunit 80 de ses citations, chacune associée à son oeuvre d’origine, son éditeur et son année de parution, pour le citer sans se tromper de source.

Page mise à jour le 01/09/2026

Pour commencer

La conscience est le plus éclairé des philosophes.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.
Jean-Jacques Rousseau Du contrat social Librairie Générale Française, 1996

Source

Attends, et tu seras guéri. Que demandes-tu davantage ?
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

On peut briller par la parure, mais on ne plaît que par la personne.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

À retenir

  • Jean-Jacques Rousseau est né en 1712 à Genève et mort en 1778.
  • 80 citations viennent de huit sources, dont deux qui parlent de Rousseau plutôt que sous sa plume : chacune garde son oeuvre, son éditeur et son année.
  • Mort en 1778, Rousseau rejoint le domaine public français en 1848, soixante-dix ans après sa disparition.

Qui était Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) est un philosophe et écrivain genevois, auteur francophone. Il traverse le dix-huitième siècle entre Genève, Paris et la campagne française, et laisse une œuvre encore lue aujourd’hui : traité d’éducation, roman épistolaire, essai politique, autobiographie. Cent quarante citations tirées de ces textes sont réunies ici, aux côtés des citations célèbres d’autres auteurs du domaine public réunis ailleurs sur ce recueil.

  • Né en 1712, mort en 1778
  • Philosophe et écrivain genevois de langue française
  • Auteur d’Émile ou de l’éducation, de Du contrat social, de Julie ou La nouvelle Héloïse et des Confessions
  • 80 citations réunies ici, chacune sourcée avec oeuvre, éditeur et année

Les citations de Jean-Jacques Rousseau, avec leur source

Chaque citation vient d’une édition identifiée : oeuvre, éditeur, année. Trois d’entre elles suffisent à montrer l’étendue du ton de Rousseau, de la maxime morale au traité politique.

Sur la conscience

Dans Émile ou de l’éducation (Garnier-Flammarion, 1966), Rousseau écrit : « La conscience est le plus éclairé des philosophes. » Une phrase brève, retenue pour son ton de maxime.

Sur la liberté

Dans Du contrat social (Librairie Générale Française, 1996), il pose la formule la plus reprise de son œuvre : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » Cette phrase ouvre l’essai, dans la même veine que les citations sur les hommes réunies ailleurs sur ce recueil.

Sur la faiblesse et la force

Dans Émile ou de l’éducation (Garnier-Flammarion, 1966), Rousseau relie la méchanceté à la faiblesse : « Toute méchanceté vient de faiblesse ; l’enfant n’est méchant que parce qu’il est faible ; rendez-le fort, il sera bon : celui qui pourrait tout ne ferait jamais de mal. » Une idée que prolongent les citations sur la force et le courage réunies ailleurs sur ce recueil.

Les œuvres d'où viennent ces citations

Huit sources apparaissent dans les citations réunies ici : cinq textes signés par Rousseau, une édition complète de son œuvre, et deux ouvrages qui parlent de lui plutôt que sous sa plume. Pour les lire dans l’ordre : Émile ou de l’éducation et Du contrat social donnent les idées, Julie ou La nouvelle Héloïse le roman, Les Confessions l’autobiographie, et Rêveries du promeneur solitaire les derniers textes, écrits en marchant. Dans Émile ou de l’éducation, Rousseau revient souvent sur la mère et l’enfant, un thème que prolongent les citations sur la relation mère-fils réunies ailleurs sur ce recueil. Ces pensées et citations trouvent leur écho ailleurs sur le site.

Les oeuvres citées
OeuvreÉdition utilisée
Émile ou de l’éducationGarnier-Flammarion, 1966
Julie ou La nouvelle HéloïseGarnier-Flammarion, 1967
Rêveries du promeneur solitaireLe Livre de Poche, 2001
Du contrat socialLibrairie Générale Française, 1996
Les ConfessionsPocket, 1999
Œuvres complètesGallimard, 1990
Les lumières et les salons - Anthologie établie et présentée par Pierre BerèsHermann (éditeurs des sciences et des arts), 1992
La philosophie pour les nulsFirst Éditions, 2006

Les lumières et les salons (Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Hermann, 1992) et La philosophie pour les nuls (First Éditions, 2006) ne sont pas des textes de Rousseau : ils le citent ou le décrivent, et sont réunis ici pour la même raison, une source précise.

Domaine public : ce que cela autorise

Jean-Jacques Rousseau meurt en 1778 ; ses textes rejoignent le domaine public français en 1848, soixante-dix ans plus tard. Les Confessions, rédigées à la fin de sa vie et rééditées chez Pocket en 1999, se recopient aujourd'hui librement, sans qu'aucun héritier ne puisse s'y opposer.

  • Reproduire une citation telle quelle, sur un support imprimé ou numérique
  • Adapter un extrait dans une nouvelle mise en page ou une traduction
  • Vendre un ouvrage ou un produit qui reprend ces textes
  • Citer sans demander d’autorisation, l’œuvre étant dans le domaine public depuis 1848

Les 76 autres citations

La première et la plus importante qualité d’une femme est la douceur.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Il n'a jamais existé de véritable démocratie et il n'en existera jamais.
Jean-Jacques Rousseau d'après La philosophie pour les nuls First Éditions, 2006

Source

Plus un corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Firmin Didot frères, 1854

Source

La voix intérieure ne sait point se faire entendre à celui qui ne songe qu’à se nourrir.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses, tout dégénère entre les mains des hommes.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Rousseau a forcé, creusé et comme labouré la langue ; il l'a ensemencée en même temps et fertilisée.
Jean-Jacques Rousseau d'après Les lumières et les salons - Anthologie établie et présentée par Pierre Berès Hermann (éditeurs des sciences et des arts), 1992

Source

En me rendant insensible à l'adversité ils m'ont fait plus de bien que s'ils m'eussent épargné ses atteintes.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

... qu'est-ce que cette répugnance qui met un prix aux railleries de gens dont l'estime n'en peut avoir aucun ?
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Soyons toujours vrai au risque de tout ce qui en peut arriver. La justice elle-même est dans la vérité des choses.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Flammarion, 1964

Source

... et si l'on peut faire opiner l'habit d'un homme dans une lettre, pourquoi ne ferait-on pas suer le feu dans un sonnet ?
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Car le temps approche où nos rapports vont changer, et où la sévérité du maître doit succéder à la complaisance du camarade.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

S’il faut être juste pour autrui, il faut être vrai pour soi, c’est un hommage que l’honnête homme doit rendre à sa propre dignité.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Flammarion, 1964

Source

Qu'ai-je encore à craindre d'eux puisque tout est fait. Ne pouvant plus empirer mon état ils ne sauraient plus m'inspirer d'alarmes.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

Je ne suis pas un ange, il est vrai ; mais j'habiterai leur demeure, j'imiterai leurs exemples : on les fuit quand on ne leur veut pas ressembler.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

J'ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres, et la grande réserve de la table annonce assez souvent des mœurs feintes et des âmes doubles.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou la Nouvelle Héloïse Barbier, 1845

Source

Seul pour le reste de ma vie, puisque je ne trouve qu'en moi la consolation, l'espérance et la paix, je ne dois ni ne veux plus m'occuper que de moi.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

Souvenez-vous qu’avant d’oser entreprendre de former un homme, il faut s’être fait homme soi-même ; il faut trouver en soi l’exemple qu’il se doit proposer.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

L'esprit patriotique est un esprit exclusif, qui nous fait reconnaître comme ennemi tout autre que nos concitoyens. Tel était l'esprit de Sparte et de Rome.
Jean-Jacques Rousseau Correspondance complète de Jean Jacques Rousseau Institut et Musée Voltaire, 1991

Source

Quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie pas autre chose sinon qu’on le forcera à être libre.
Jean-Jacques Rousseau Du contrat social Marc-Michel Bousquet, 1762

Source

En lui faisant sentir quel charme ajoute à l’attrait des sens l’union des cœurs, je le dégoûterai du libertinage, et je le rendrai sage en le rendant amoureux.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Les lois, toujours si occupées des biens et si peu des personnes, parce qu’elles ont pour objet la paix et non la vertu, ne donnent pas assez d’autorité aux mères.
Jean-Jacques Rousseau Œuvres complètes Gallimard, 1990

Source

Toute méchanceté vient de faiblesse ; l’enfant n’est méchant que parce qu’il est faible ; rendez-le fort, il sera bon : celui qui pourrait tout ne ferait jamais de mal.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Ils se sont tellement pressés de porter à son comble la mesure de ma misère que toute la puissance humaine aidée de toutes les ruses de l'enfer n'y saurait plus rien ajouter.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

C’est donc dans la disproportion de nos désirs et de nos facultés que consiste notre misère. Un être sensible dont les facultés égaleraient les désirs serait un être absolument heureux.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

L’ambition, l’avarice, la tyrannie, la fausse prévoyance des pères, leur négligence, leur dure insensibilité, sont cent fois plus funestes aux enfants que l’aveugle tendresse des mères.
Jean-Jacques Rousseau Œuvres complètes Gallimard, 1990

Source

Nous avons fait un être agissant et pensant ; il ne nous reste plus, pour achever l’homme, que de faire un être aimant et sensible, c’est-à-dire de perfectionner la raison par le sentiment.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Ces feuilles ne seront proprement qu'un informe journal de mes rêveries. Il y sera beaucoup question de moi parce qu'un solitaire qui réfléchit s'occupe nécessairement beaucoup de lui-même.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

J'aurais eu peine à croire, si je ne l'avais vu, qu'il se trouvât des artistes assez imbéciles pour vouloir imiter le char du soleil, et des spectateurs assez enfants pour aller voir cette imitation.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Pour être quelque chose, pour être soi-même et toujours un, il faut agir comme on parle ; il faut être toujours décidé sur le parti que l’on doit prendre, le prendre hautement, et le suivre toujours.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

S’il n’a pas les formules de politesse, il a les soins de l’humanité. Il n’aime à voir souffrir personne ; il n’offrira pas sa place à un autre par simagrée, mais il la lui cédera volontiers par bonté.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi.
Jean-Jacques Rousseau Les Confessions Pocket, 1999

Source

Mahomet eut des vues très saines ; il lia bien son système politique, et tant que la forme de son gouvernement subsista sous les califes ses successeurs, ce gouvernement fut exactement un, et bon en cela.
Jean-Jacques Rousseau Du contrat social Société nouvelle de librairie et d’édition, 1903

Source

En pensant à la dépendance où ils se sont mis de moi pour me tenir dans la leur ils me font une pitié réelle. Si je ne suis malheureux ils le sont eux-mêmes, et chaque fois que je rentre en moi je les trouve à plaindre.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

L’homme du monde est tout entier dans son masque. N’étant presque jamais en lui-même, il y est toujours étranger, et mal à son aise quand il est forcé d’y rentrer. Ce qu’il est n’est rien, ce qu’il paraît est tout pour lui.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

... pourquoi serait-il permis de se guérir de la goutte et non de la vie ? L'une et l'autre ne nous viennent-elles pas de la même main ? S'il est pénible de mourir, qu'est-ce à dire ? Les drogues font-elles plaisir à prendre ?
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Ainsi donc, c’est bien moins de la sensualité que de la vanité qu’il faut préserver un jeune homme entrant dans le monde : il cède plus aux penchants d’autrui qu’aux siens, et l’amour-propre fait plus de libertins que l’amour.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

De quelque façon que les hommes veuillent me voir, ils ne sauraient changer mon être, et malgré leur puissance et malgré toutes leurs sourdes intrigues, je continuerai, quoi qu’ils fassent, d’être en dépit d’eux ce que je suis.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Flammarion, 1964

Source

Eh bien, dans cet état déplorable je ne changerais pas encore d’être et de destinée contre le plus fortuné d’entre eux, et j’aime encore mieux être moi dans toute ma misère que d’être aucun de ces gens-là dans toute leur prospérité.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Flammarion, 1964

Source

Il est donc au fond des âmes un principe inné de justice et de vertu, sur lequel, malgré nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d’autrui comme bonnes ou mauvaises, et c’est à ce principe que je donne le nom de conscience.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

On se fait une grande affaire de chercher les meilleures méthodes d'apprendre à lire .... Un moyen plus sûr que tous ceux-là, et qu'on oublie toujours, est le désir d'apprendre. Donnez à l'enfant ce désir ... ; toute méthode lui sera bonne.
Jean-Jacques Rousseau Émile, ou De l’éducation Firmin Didot, 1854

Source

Mais je le vois, tu me méprises comme un insensé, parce que ma raison s'égare au sein des délices : mes emportements t'effrayent, mon délire te fait pitié, et tu ne sens pas que toute la force humaine ne peut suffire à des félicités sans bornes.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Eh bien ! belle madame, ai-je tenu parole, et mon triomphe est-il complet ? Allons, qu'on se jette à genoux, qu'on baise avec respect cette lettre, et qu'on reconnaisse humblement qu'au moins une fois en la vie Julie de Wolmar a été vaincue en amitié.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Ces tournures d'esprit qui rapportent toujours tout à notre intérêt matériel, qui font chercher partout du profit ou des remèdes, et qui feraient regarder avec indifférence toute la nature si l'on se portait toujours bien, n'ont jamais été les miennes.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

Qu'est-ce qu'une autobiographie ? Une histoire romantique dont on est soi-même le héros. Sinon, pourquoi l'écrire ? Vous pouvez vous donner un caractère peu reluisant, comme Rousseau ou H. G. Wells, mais c'est juste une autre façon de vous rendre intéressant.
Jean-Jacques Rousseau Le monde des merveilles Payot, 1999

Source

Quand je dis nous, tu m'entends ; c'est surtout de toi que je parle : car, pour moi, la Bonne m'a toujours dit que mon étourderie me tiendrait lieu de raison, que je n'aurais jamais l'esprit de savoir aimer, et que j'étais trop folle pour faire un jour des folies.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Au reste, j'ai vu à la Chine des jardins tels que vous les demandez, et fait avec tant d'art que l'art n'y paraissait point, mais d'une manière si dispendieuse et entretenus à si grand frais, que cette idée m'ôtait tout le plaisir que j'aurais pu goûter à les voir.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Avertissez-le de ses fautes avant qu’il y tombe : quand il y est tombé, ne les lui reprochez point ; vous ne feriez qu’enflammer et mutiner son amour-propre. Une leçon qui révolte ne profite pas. Je ne connais rien de plus inepte que ce mot : Je vous l’avais bien dit.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

C'est de lui que date chez nous, au dix-huitième siècle, le sentiment de la nature. C'est de lui aussi que date dans notre littérature le sentiment de la vie domestique, de cette vie bourgeoise, pauvre, recueillie, intime, où s'accumulent tant de trésors vertueux et doux.
Jean-Jacques Rousseau d'après Les lumières et les salons - Anthologie établie et présentée par Pierre Berès Hermann (éditeurs des sciences et des arts), 1992

Source

Le chef-d’œuvre d’une bonne éducation est de faire un homme raisonnable : et l’on prétend élever un enfant par la raison ! C’est commencer par la fin, c’est vouloir faire l’instrument de l’ouvrage. Si les enfants entendaient raison, ils n’auraient pas besoin d’être élevés.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Vous avez, vous autres qui brillez dans la capitale, des préjugés dont il faut vous guérir ; vous croyez donner le ton à toute la France, et les trois quarts de la France ne savent pas que vous existez. Les livres qui tombent à Paris font la fortune des libraires de province.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

On croirait que la nature est faite en France autrement que dans tout le reste du monde, tant on y prend soin de la défigurer ! Les parcs n'y sont plantés que de longues perches ; ce sont des forêts de mâts ou de mais, et l'on s'y promène au milieu des bois sans trouver d'ombre.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Qu’il ne sache rien parce que vous le lui avez dit, mais parce qu’il l’a compris lui-même ; qu’il n’apprenne pas la science, qu’il l’invente. Si jamais vous substituez dans son esprit l’autorité raison, il ne raisonnera plus ; il ne sera plus que le jouet de l’opinion des autres.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

L’habitude de rentrer en moi-même me fit perdre enfin le sentiment et presque le souvenir de mes maux, j’appris ainsi par ma propre expérience que la source du vrai bonheur est en nous, et qu’il ne dépend pas des hommes de rendre vraiment misérable celui qui sait vouloir être heureux.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Flammarion, 1964

Source

Dieux ! quel ravissant spectacle, ou plutôt quelle extase, de voir deux beautés si touchantes s'embrasser tendrement, le visage de l'une se pencher sur le sein de l'autre, leurs douces larmes se confondre, et baigner ce sein charmant comme la rosée du ciel humecte un lis fraîchement éclos !
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

En approchant du bosquet, j'aperçus, non sans une émotion secrète, vos signes d'intelligences, vos sourires mutuels, et le coloris de tes joues prendre un nouvel éclat. En y entrant, je vis avec surprise ta cousine s'approcher de moi, et, d'un air plaisamment suppliant, me demander un baiser.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Pour moi, je suis persuadé qu'on applaudit les cris d'une actrice à l'Opéra comme les tours de force d'un bateleur à la foire : la sensation en est déplaisante et pénible, on souffre tandis qu'ils durent ; mais on est si aise de les voir finir sans accident qu'on en marque volontiers sa joie.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Dans le tracas où l'on était, on ne se donna pas le temps d'approfondir la chose; et le comte de la Roque, en nous renvoyant tous deux, se contenta de dire que la conscience du coupable vengerait assez l'innocent. Sa prédiction n'a pas été vaine; elle ne cesse pas un seul jour de s'accomplir.
Jean-Jacques Rousseau Les Confessions Hachette, 2006

Source

Adieu, mon cher et bon ami ; si je croyais que la fortune pût vous rendre heureux, je vous dirais : « Courez à la fortune » ; mais peut-être avez-vous raison de la dédaigner avec tant de trésors pour vous passer d'elle ; j'aime mieux vous dire : « Courez à la félicité », c'est la fortune du sage.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Il se passe bien peu de jours que de nouvelles réflexions ne me confirment combien j'étais dans l'erreur de compter sur le retour du public, même dans un autre âge ; puisqu'il est conduit dans ce qui me regarde par des guides qui se renouvellent sans cesse dans les corps qui m'ont pris en aversion.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

« Je voudrais, dit Rousseau à qui son imagination échauffée suggère trop souvent des comparaisons plus neuves que délicates, - je voudrais qu’une jeune Anglaise cultivât avec autant de soin les talents agréables pour plaire au mari qu’elle aura, qu’une jeune Albanaise les cultive pour le harem d’Ispahan. »
Jean-Jacques Rousseau d'après L'éducation des femmes par les femmes Hachette et Cie, 1889

Source

Celle qui la première introduit le vice dans une âme bien née, étouffe la voix de la conscience par la clameur publique, et réprime l'audace de bien faire par la crainte du blâme. ... Vous braveriez plutôt cent périls qu'une raillerie, et l'on ne vit jamais tant de timidité jointe à une âme aussi intrépide.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

J-J Rousseau donna, si je puis ainsi m’exprimer, des entrailles à tous les mots, et y répandit un tel charme, de si pénétrantes douceurs, de si puissantes énergies, que ses écrits font éprouver aux âmes quelque chose d’assez semblable à ces voluptés défendues qui nous ôtent le goût et enivrent notre raison.
Jean-Jacques Rousseau d'après Pensées Librairie Le Normant, 1850

Source

La véritable pénitence de l'homme lui est imposée par la nature : s'il endure patiemment tout ce qu'il est contraint d'endurer, il a fait à cet égard tout ce que Dieu lui demande ; et si quelqu'un montre assez d'orgueil pour vouloir faire davantage, c'est un fou qu'il faut enfermer, ou un fourbe qu'il faut punir.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Si vous songez combien au fond d'un bois on est charmé quelquefois de voir un fruit sauvage et même de s'en rafraîchir, vous comprendrez le plaisir qu'on a de trouver dans ce désert artificiel des fruits excellents et mûrs, quoique clairsemés et de mauvaise mine ; ce qui donne encore le plaisir de la recherche et du choix.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Celui qui disait : Je possède Laïs sans qu’elle me possède, disait un mot sans esprit. La possession qui n’est pas réciproque n’est rien : c’est tout au plus la possession du sexe, mais non pas de l’individu. Or, où le moral de l’amour n’est pas, pourquoi faire une si grande affaire du reste ? Rien n’est si facile à trouver.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Les actes de la conscience ne sont pas des jugements, mais des sentiments. Quoique toutes nos idées nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprécient sont au dedans de nous, et c’est par eux seuls que nous connaissons la convenance ou disconvenance qui existe entre nous et les choses que nous devons respecter ou fuir.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

L’empire des femmes n’est point à elles parce que les hommes l’ont voulu, mais parce que ainsi le veut la nature : il était à elles avant qu’elles parussent l’avoir … Cet empire est aux femmes, et ne peut leur être ôté, même quand elles en abusent : si jamais elles pouvaient le perdre, il y a longtemps qu’elles l’auraient perdu.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Le mal que m'ont fait les hommes ne me touche en aucune sorte ; la crainte seule de celui qu'ils peuvent me faire encore est capable de m'agiter ; mais certain qu'ils n'ont plus de nouvelle prise par laquelle ils puissent m'affecter d'un sentiment permanent je me ris de toutes leurs trames et je jouis de moi-même en dépit d'eux.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

Quinze ans d'expérience m'ont instruit à mes dépens ; rentré maintenant sous les seules lois de la nature, j'ai repris par elle ma première santé. Quand les médecins n'auraient point contre moi d'autres griefs, qui pourrait s'étonner de leur haine ? Je suis la preuve vivante de la vanité de leur art et de l'inutilité de leurs soins.
Jean-Jacques Rousseau Rêveries du promeneur solitaire Le Livre de Poche, 2001

Source

Voulez-vous rendre chacun à ses premiers devoirs ? Commencez par les mères ; vous serez étonné des changements que vous produirez. Tout vient successivement de cette première dépravation : tout l’ordre moral s’altère ; le naturel s’éteint dans tous les cœurs …. L’attrait de la vie domestique est le meilleur contre-poison des mauvaises mœurs.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

En général, la vie dure, une fois tournée en habitude, multiplie les sensations agréables ; la vie molle en prépare une infinité de déplaisantes. Les gens élevés trop délicatement ne trouvent plus le sommeil que sur le duvet ; les gens accoutumés à dormir sur des planches le trouvent partout : il n’y a point de lit dur pour qui s’endort en se couchant.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Et tout au contraire on devrait leur faire entendre que tant d’ajustement n’est fait que pour cacher des défauts, et que le vrai triomphe de la beauté est de briller par elle-même … Je ne la louerais jamais tant que quand elle serait le plus simplement mise … J’ai aussi remarqué que les plus pompeuses parures annonçaient le plus souvent de laides femmes.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Un catholique mourant n'est environné que d'objets qui l'épouvantent, et de cérémonies qui l'enterrent tout vivant. Au soin qu'on prend d'écarter de lui les démons, il croit en voir sa chambre pleine ; il meurt cent fois de terreur avant qu'on l'achève ; et c'est dans cet état d'effroi que l'Église aime à le plonger pour avoir meilleur marché de sa bourse.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Point de mère, point d’enfant. Entre eux les devoirs sont réciproques ; et s’ils sont mal remplis d’un côté, ils seront négligés de l’autre. L’enfant doit aimer sa mère avant de savoir qu’il le doit. Si la voix du sang n’est fortifiée par l’habitude et les soins, elle s’éteint dans les premières années, et le cœur meurt pour ainsi dire avant que de naître.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Garnier-Flammarion, 1966

Source

Qu'une fille manque de raison, d'expérience pour juger de la sagesse et des mœurs, un bon père y doit suppléer sans doute ; son droit, son devoir même est de dire : Ma fille, c'est un honnête homme, ou, c'est un fripon ; c'est un homme de sens, ou, c'est un fou. Voilà les convenances dont il doit connaître ; le jugement de toutes les autres appartient à la fille.
Jean-Jacques Rousseau Julie ou La nouvelle Héloïse Garnier-Flammarion, 1967

Source

Vivre, ce n’est pas respirer, c’est agir ; c’est faire usage de nos organes, de nos sens, de nos facultés, de toutes les parties de nous-mêmes, qui nous donnent le sentiment de notre existence. L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie. Tel s’est fait enterrer à cent ans, qui mourut dès sa naissance.
Jean-Jacques Rousseau Émile ou de l’éducation Firmin Didot frères, 1854

Source

Questions fréquentes

Quelle est la citation la plus connue de Jean-Jacques Rousseau ?

La phrase la plus reprise reste « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. », qui ouvre Du contrat social (Librairie Générale Française, 1996) et résume le projet politique de Rousseau.

De quelle œuvre viennent les citations de Jean-Jacques Rousseau ?

Elles viennent de huit sources : Émile ou de l’éducation, Julie ou La nouvelle Héloïse, Rêveries du promeneur solitaire, Du contrat social, Les Confessions et Œuvres complètes pour les textes signés par Rousseau, et deux ouvrages qui le citent, Les lumières et les salons et La philosophie pour les nuls.

Les textes de Jean-Jacques Rousseau sont-ils libres de droits ?

Oui. Rousseau est mort en 1778, et le domaine public s’ouvre soixante-dix ans après la mort d’un auteur en France, donc depuis 1848 pour ses textes, ses citations et ses phrases.

Comment citer Jean-Jacques Rousseau correctement dans un devoir ou un discours ?

Une citation correcte reprend la phrase exacte entre guillemets, puis nomme l’oeuvre, l’éditeur et l’année de l’édition utilisée, par exemple Émile ou de l’éducation, Garnier-Flammarion, 1966.

Sources et méthode

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