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Citations d'Etty Hillesum, sourcées et datées
Vingt-six citations d'Etty Hillesum composent cette page, toutes tirées d'Une vie bouleversée, publiée au Seuil en 2020. Ce livre réunit le journal intime tenu par la jeune femme entre 1941 et 1942 et les lettres écrites depuis le camp de transit de Westerbork entre 1942 et 1943. Chaque texte porte son oeuvre, son éditeur et son année, pour permettre de vérifier une phrase avant de la partager.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
La réalité ne rejoint pas une imagination trop enflammée.
On cherche toujours la formule libératrice, la pensée clarificatrice.
Nous ne sommes que des vases creux, où s’engouffre le flot de l’histoire.
Ce qui importe en définitive, c'est l'âme, ou l'être, comme on voudra, qui rayonne à travers la personne.
À retenir
- Les 26 citations viennent toutes d'une seule oeuvre, Une vie bouleversée (Seuil, 2020).
- Etty Hillesum est née le 15 janvier 1914 à Middelbourg et morte le 30 novembre 1943 à Auschwitz.
- Le livre réunit un journal intime (1941-1942) et des lettres écrites depuis Westerbork (1942-1943).
Qui était Etty Hillesum
Etty Hillesum naît le 15 janvier 1914 à Middelbourg, en Zélande, aux Pays-Bas. Cette jeune femme juive et mystique meurt le 30 novembre 1943 au camp de concentration d'Auschwitz, en Pologne. Elle reste connue pour avoir tenu son journal intime entre 1941 et 1942, puis écrit des lettres entre 1942 et 1943 depuis le camp de transit de Westerbork. Ces pages forment Une vie bouleversée, publiée au Seuil en 2020 : les 26 citations de cette sélection en sont toutes extraites.
Les citations de Etty Hillesum, avec leur source
Les 26 citations de cette page viennent toutes du même livre, Une vie bouleversée (suivi de Lettres de Westerbock), publié au Seuil en 2020. Une phrase resserrée ouvre le ton : « La réalité ne rejoint pas une imagination trop enflammée. » Une autre revient sur une pensée qui se cherche : « On cherche toujours la formule libératrice, la pensée clarificatrice. » Le regard se déplace ensuite vers le collectif, dans une image plus dure : « Nous ne sommes que des vases creux, où s'engouffre le flot de l'histoire. »
| Citation | Année |
|---|---|
| Nous ne sommes que des vases creux, où s'engouffre le flot de l'histoire. | 2020 |
| Ce qui importe en définitive, c'est l'âme, ou l'être, comme on voudra, qui rayonne à travers la personne. | 2020 |
| Rilke a décidément été l'un de mes grands maîtres de l'année écoulée, chaque instant m'en apporte la confirmation. | 2020 |
Les œuvres d'où viennent ces citations
Une seule oeuvre porte l'intégralité de cette sélection : Une vie bouleversée (suivi de Lettres de Westerbock), éditée au Seuil en 2020. Le titre assemble deux ensembles de textes écrits à des moments distincts de la vie d'Etty Hillesum, avant puis pendant sa détention.
- Le journal intime, tenu entre 1941 et 1942, où s'observent la pensée et les lectures d'Etty Hillesum.
- Les lettres de Westerbork, écrites entre 1942 et 1943 depuis le camp de transit du même nom.
Domaine public : ce que cela autorise
Les textes qu'un auteur signe entrent dans le domaine public 70 ans après sa mort : morte en 1943, Etty Hillesum a dépassé ce délai depuis 2013, et ses écrits peuvent être reproduits, adaptés ou vendus librement. L'édition citée sur cette page, parue au Seuil en 2020, reste toutefois un travail d'établissement et de traduction du texte original : cette page en cite des extraits courts et sourcés, sans se prononcer sur le régime de droits propre à cette édition précise.
D'autres pages du Florilège prolongent des thèmes présents dans Une vie bouleversée : les citations sur la lecture retrouvent l'admiration d'Etty Hillesum pour Rilke, les citations sur l'art rejoignent son désir d'écrire, les citations de motivation retrouvent sa détermination à comprendre les hommes. Les citations sur le voyage relient Middelbourg à Westerbork, et les citations sur la vie et l'espoir font écho à sa foi tenace, jusque dans le camp de transit.
Les 22 autres citations
Rilke a décidément été l’un de mes grands maîtres de l’année écoulée, chaque instant m’en apporte la confirmation.
Et puisque, désormais libre, je ne veux plus rien posséder, désormais tout m'appartient et ma richesse intérieure est immense.
Bien des gens sont encore pour moi de véritables hiéroglyphes, mais tout doucement j'apprends à les déchiffrer. Je ne connais rien de plus beau que de lire la vie en déchiffrant les êtres.
[…] Je lis les lettres de Rilke sur Dieu, Über Gott et chaque mot m'en paraît lourd de sens ; j'aurais pu écrire ces lettres, et si je les avais écrites, je les aurais voulues exactement ainsi.
Je suis probablement de ceux qui préfèrent continuer à se laisser flotter un peu sur le dos, les yeux tournés vers le ciel, et qui, avec un geste résigné et pieux, finissent par se laisser couler.
« Après la guerre, à côté d'un flot d'humanisme, un flot de haine déferlera sur le monde. » En entendant ces mots, j'en ai eu encore une fois la certitude : je partirai en guerre contre cette haine.
En fait je n'ai pas peur. Pourtant je ne suis pas brave, mais j'ai le sentiment d'avoir toujours affaire à des hommes, et la volonté de comprendre autant que je le pourrai le comportement de tout un chacun.
Je suis à la recherche d’un abri pour moi-même, et la maison qui me l’offrira, je devrai la bâtir moi-même pierre par pierre. Ainsi chacun se cherche-t-il une maison, un refuge. Et moi je cherche toujours quelques mots.
Il y a en moi un puits très profond. Et dans ce puits, il y a Dieu. Parfois je parviens à l’atteindre. Mais plus souvent, des pierres et des gravats obstruent ce puits, et Dieu est enseveli. Alors il faut le remettre au jour.
[…] Un jour je serai écrivain. Les longues nuits que je passerai à écrire, ce seront mes plus belles nuits. Alors tout jaillira de moi, s’écoulera de moi en un flux ininterrompu et sans fin, tout cela qu'aujourd'hui j'emmagasine en moi.
Je crois que je vais le faire : tous les matins, avant de me mettre au travail, me « tourner vers l’intérieur », rester une demi-heure à l’écoute de moi-même. « Rentrer en moi-même ». Je pourrais dire aussi : méditer. Mais le mot m’horripile encore un peu.
Dévorer des livres, comme je l’ai fait depuis ma plus tendre enfance, n’est qu’une forme de paresse. Je laisse à d’autres le soin de s’exprimer à ma place. Je cherche partout la confirmation de ce qui fermente et agit en moi, mais c’est avec mes mots à moi que je devrai essayer d’y voir clair.
Et toujours cette bizarre agitation que je n’arrive pas à identifier. Mais il me semble que, si je sais un jour la canaliser, elle pourra produire du bon travail. Tu en es encore bien loin, ma petite, il te faudra encore disputer beaucoup de terre ferme à la fureur des vagues, introduire beaucoup d’ordre dans le chaos.
La journée avait si bien commencé : clarté et lucidité dans ma tête (il faudra noter cela plus tard), puis très grave dépression, le crâne pris comme dans étau ; je me suis enlisée dans des méditations « profondes », beaucoup trop profondes ; et derrière tout cela le vide du « pourquoi ? » - mais contre cela aussi on luttera.
Garde tes pressentiments et ton intuition, c’est une source où tu puises, mais tâche de ne pas t’y noyer ! Organise un peu ce fatras, un peu d’hygiène mentale, que diable ! Ton imagination, tes émotions intérieures, etc., sont le grand océan sur lequel tu dois conquérir de petits lambeaux de terre, toujours menacés de submersion.
Eh bien, allons-y ! Moment pénible, barrière presque infranchissable pour moi : vaincre mes réticences et livrer le fond de mon cœur à un candide morceau de papier quadrillé. Les pensées sont parfois très claires et très nettes dans ma tête, et les sentiments très profonds, mais les mettre par écrit, non, cela ne vient pas encore.
Quand je trouvais belle une fleur, j'aurais voulu la presser sur mon cœur ou la manger. C'eût été plus difficile avec d'autres beautés naturelles, mais le sentiment était le même. J'avais une nature trop sensuelle, trop « possessive », dirais-je. Ce que je trouvais beau, je le désirais de façon beaucoup trop physique, je voulais l'avoir.
Une fois c'est un Hitler, une autre fois Ivan le Terrible par exemple, une fois c'est la résignation, une autre fois les guerres, la peste, les tremblements de terre, la famine. Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte, c'est la façon de porter, de supporter, d'assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un petit morceau de son âme.
L'homme forge son destin de l'intérieur, voilà une affirmation bien téméraire. En revanche, l'homme est libre de choisir l'accueil qu'il fera en lui-même à ce destin. On ne connaît pas la vie de quelqu'un si l'on n'en sait que les événements extérieurs. Pour connaître la vie de quelqu'un, il faut connaître ses rêves, ses rapports avec ses parents, ses états d'âme, ses désillusions, sa maladie et sa mort.
Un seul vers de Rilke a plus de réalité pour moi qu'un déménagement. Je n'ai qu'à passer toute ma vie assise à un bureau. Pourtant, je ne crois pas non plus être une rêveuse imbécile. Je m'intéresse terriblement à la réalité, mais à condition de l'observer de mon bureau, non d'y vivre et d'y agir. Pour comprendre les hommes et les idées, il faut connaître aussi le monde réel, le cadre dans lequel tout vit et se développe.
Il me manque encore un leitmotiv. Un fleuve souterrain unique et fixe ; la source intérieure où je m’abreuve s’envase perpétuellement - et puis je pense trop. Mes idées flottent encore autour de moi comme un vêtement trop ample, où j’ai la place de grandir. Mon esprit s’évertue à suivre mon intuition ; cela vaut mieux, d’ailleurs. […] Une foule d’idées vagues appellent désespérément une formulation concrète, mais elles sont peut-être loin d’être mûres pour cela.
Au milieu de cette maison de fous, je suis ma propre voie intérieure. Une centaine de personnes confèrent dans le brouhaha d'une petite pièce, les machines à écrire crépitent et moi, dans un coin, je lis Rilke. En plein milieu de la matinée nous avons dû déménager, tout d'un coup ; on m'enlève table et chaise sous le nez, des gens qui attendaient se ruent dans la pièce, chacun donne ordres et contrordres, fût-ce pour disposer de la moindre chaise, mais Etty est assise dans un coin à même le sol malpropre, entre sa machine à écrire et son paquet de sandwiches pour midi, et elle lit Rilke.
Questions fréquentes
Quelle est la citation la plus connue de Etty Hillesum ?
« Nous ne sommes que des vases creux, où s'engouffre le flot de l'histoire. », tirée d'Une vie bouleversée, compte parmi les phrases les plus reprises de cette sélection.
De quelle œuvre viennent les citations de Etty Hillesum ?
Toutes les 26 citations de cette page viennent d'Une vie bouleversée (suivi de Lettres de Westerbock), publié au Seuil en 2020.
Les textes de Etty Hillesum sont-ils libres de droits ?
Morte en 1943, Etty Hillesum est entrée dans le domaine public depuis 2013. L'édition française de 2020 utilisée ici reste un travail d'établissement dont le régime de droits propre n'est pas précisé sur cette page.
Comment citer Etty Hillesum correctement dans un devoir ou un discours ?
Indiquer l'oeuvre exacte, l'éditeur et l'année de l'édition utilisée : Une vie bouleversée (suivi de Lettres de Westerbock), Seuil, 2020, plutôt qu'une phrase isolée sans référence.
Sources et méthode
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