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Citations d'Omar Khayyam : 13 textes sourcés
Treize citations composent cette page sur Omar Khayyam : des quatrains persans traduits en français et un texte où son nom réapparaît, quatre siècles plus tard, dans les Œuvres de Guy Debord. Chacune est rattachée à une édition précise, sans reconstitution ni paraphrase d'un vers connu de mémoire.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
À qui donc puis-je révéler le grand mystère de la nature humaine et de notre destin ? L'homme est né façonné d'argile et de chagrin puis fait quelques pas et quitte cette terre.
Regarde le potier qui façonne la glaise. Pourquoi est-il brutal ? A-t-il raison ou tort ? Irait-il triturer cette argile à son aise, s'il pensait que c'est la poussière de ses morts ?
Les roses et le pré réjouissent la terre. Profite de l'instant : le temps n'est que poussière. Bois du vin et cueille des roses, échanson, car déjà, sous tes yeux, roses et pré s'altèrent.
Hier au soir, j'étais ivre et j'ai jeté mon bol par terre : il s'est brisé aussitôt sur le sol. Et c'était comme si montait une prière : « J'étais un homme, et tu redeviendras poussière. »
À retenir
- 13 citations réunies, tirées de quatre oeuvres différentes.
- Quatrains. Hâfez. Ballades fournit à elle seule huit des treize textes de la page.
- Les éditions vont de 1998 (Quatrains. Hâfez. Ballades, chez Actes Sud) à 2014 (Guy Debord, Œuvres, chez Gallimard).
Qui était Omar Khayyam
Omar Khayyam naît probablement en 1048 à Nichapur, en Perse, dans l'actuel Iran, et meurt en 1131. Il est mathématicien, astronome, poète et philosophe persan, ce qui explique la diversité des textes réunis sur cette page : quatrains poétiques d'un côté, sentence rapportée de l'autre, jusqu'à une citation retrouvée dans les Œuvres du vingtième siècle de Guy Debord. En persan, le nom Khayyam désigne un fabricant de tentes, métier attribué à sa famille.
Les citations de Omar Khayyam, avec leur source
Les treize textes de cette page viennent de quatre oeuvres. Dans Quatrains. Hâfez. Ballades, publiée chez Actes Sud en 1998, un quatrain interroge le sens du geste du potier : « Regarde le potier qui façonne la glaise. Pourquoi est-il brutal ? A-t-il raison ou tort ? Irait-il triturer cette argile à son aise, s'il pensait que c'est la poussière de ses morts ? » Un autre, dans la même édition, compare l'existence à une partie d'échecs jouée par le Ciel : « Nous sommes des jouets entre les mains du Ciel qui nous déplace comme Il veut : c'est notre maître. Au jeu d'échec, nous sommes des pions éternels qui tombent un-à-un tout au fond du non-être. », un vers à rapprocher des Citations sur Dieu. Dans Guy Debord, Œuvres, publié chez Gallimard en 2014, la même image du jeu revient sous une autre plume : « Pour parler clairement et sans paraboles, Nous sommes les pièces d'un jeu que joue le Ciel. On s'amuse avec nous sur l'échiquier de l'Être, Puis nous retournons un par un dans la boîte du Néant. »
| Oeuvre | Éditeur | Année |
|---|---|---|
| Quatrains. Hâfez. Ballades | Actes Sud | 1998 |
| Rubayat | Gallimard | 2013 |
| Guy Debord, Œuvres | Gallimard | 2014 |
Les œuvres d'où viennent ces citations
Quatrains. Hâfez. Ballades, chez Actes Sud, fournit huit des treize textes de cette page et se lit en premier pour entrer dans l'œuvre : le vin, les roses et le temps qui passe y reviennent sans cesse, comme dans ce quatrain à rapprocher des Citations sur le vin et des Citations sur le temps qui passe : « Les roses et le pré réjouissent la terre. Profite de l'instant : le temps n'est que poussière. Bois du vin et cueille des roses, échanson, car déjà, sous tes yeux, roses et pré s'altèrent. » Le Rubayat, chez Gallimard, propose une autre traduction du même type de quatrain, avec une image de l'existence jouée aux échecs : « Pour parler selon le vrai, pas de métaphores, Nous sommes les pièces d'un jeu, le Ciel est le joueur ; Nous jouons un petit jeu sur l'échiquier de l'existence ; Puis, un par un, nous rentrons dans la boîte de la non-existence. » Les Citations rapportées, sans éditeur précisé, regroupent des sentences plus difficiles à dater, dont l'une interroge à qui révéler le grand mystère de la condition humaine, ce qui la rapproche des Citations sur la communication. Guy Debord, Œuvres referme la sélection : un penseur du vingtième siècle y reprend le même vers sur le jeu du Ciel, preuve que ces quatrains persans ont traversé les siècles jusqu'à la pensée contemporaine.
- Quatrains. Hâfez. Ballades (Actes Sud, 1998) : huit textes, à lire en premier.
- Rubayat (Gallimard, 2013) : une autre traduction du même type de quatrain.
- Citations rapportées : des sentences sans éditeur précisé, dont une sur le savoir et les étoiles, proche des Citations sur les étoiles.
- Guy Debord, Œuvres (Gallimard, 2014) : la trace du poète persan chez un penseur français du vingtième siècle.
Domaine public : ce que cela autorise
Omar Khayyam meurt en 1131 : la règle française des 70 ans après la mort de l'auteur est ici dépassée de plusieurs siècles, et les quatrains qui lui sont attribués peuvent être reproduits, adaptés ou vendus librement. Une réserve s'impose pour les éditions récentes citées sur cette page, comme celle de 1998 chez Actes Sud ou celle de 2013 chez Gallimard : seul le texte persan d'origine tombe dans le domaine public, pas nécessairement la traduction française propre à chaque édition.
Les 9 autres citations
Avant-hier, je passais près d'un potier habile dont les doigts modelaient, malléable, l'argile. Étais-je le seul à voir que c'étaient nos aïeux dont la poussière allait de main en main agile ?
Nous sommes des jouets entre les mains du Ciel qui nous déplace comme Il veut : c'est notre maître. Au jeu d'échec, nous sommes des pions éternels qui tombent un-à-un tout au fond du non-être.
Pour parler clairement et sans paraboles, Nous sommes les pièces d'un jeu que joue le Ciel. On s'amuse avec nous sur l'échiquier de l'Être, Puis nous retournons un par un dans la boîte du Néant.
Quand nos deux corps perdront mon âme avec la tienne, les os des morts seront ma tombe avec la tienne. Et plus tard, des maçons, pour bâtir un tombeau, viendront déterrer ma poussière avec la tienne.
Venus purs du néant, nous en partons impurs. Venus heureux, nous repartons pleins de misère. L'eau des pleurs dans les yeux, au cœur un feu obscur, nous rendons l'âme à l'air et mourrons dans la terre.
J'ai lancé contre une pierre un bol cette nuit ; L'acte brutal, j'étais ivre quand je l'ai commis ; Le bol m'a dit en son langage de bol : « J'ai été ce que tu es ! tu seras toi aussi ce que je suis ! »
Pour parler selon le vrai, pas de métaphores, Nous sommes les pièces d'un jeu, le Ciel est le joueur ; Nous jouons un petit jeu sur l'échiquier de l'existence ; Puis, un par un, nous rentrons dans la boîte de la non-existence.
Ceux qui par la science vont au plus haut du monde Qui par l'intelligence, scrutent le fond des cieux Ceux-là, pareils aussi à la coupe du ciel La tête renversée, vivent dans leur vertige.
Je ne me suis jamais privé de donner mon temps aux sciences Par la science j'ai dénoué les quelques nœuds d'obscurs secrets Après soixante-douze années de réflexion sans jour de trêve Mon ignorance, je la sais...
Questions fréquentes
Quelle est la citation la plus connue de Omar Khayyam ?
Le quatrain sur le potier qui façonne la glaise, tiré de Quatrains. Hâfez. Ballades, compte parmi les textes les plus repris de cette page.
De quelle œuvre viennent les citations de Omar Khayyam ?
Les treize citations de cette page viennent de quatre oeuvres : Quatrains. Hâfez. Ballades, le Rubayat, les Citations rapportées et Guy Debord, Œuvres.
Les textes de Omar Khayyam sont-ils libres de droits ?
Oui : Omar Khayyam est mort en 1131, largement au-delà de la règle des 70 ans après la mort de l'auteur, ce qui place les quatrains qui lui sont attribués dans le domaine public.
Comment citer Omar Khayyam correctement dans un devoir ou un discours ?
En indiquant l'oeuvre d'origine, comme Quatrains. Hâfez. Ballades ou le Rubayat, plutôt qu'en attribuant la phrase à Omar Khayyam seul : chacune des treize citations de cette page précise son titre, son éditeur et son année.
Sources et méthode
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