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Paul Éluard : 80 citations sourcées et vérifiées

Paul Éluard (1895-1952), poète français passé du dadaïsme au surréalisme, laisse une oeuvre marquée par des vers courts et une écriture sensible. Les 80 citations rassemblées ici précisent chacune leur oeuvre d'origine, leur éditeur et leur année de parution.

Page mise à jour le 01/09/2026

Pour commencer

La peur en loques perce les murs.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Si je m'endors, c'est pour ne plus rêver.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

L'hiver sur la prairie apporte des souris.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur.
Paul Éluard Capitale de la douleur Gallimard, 1997

Source

À retenir

  • 80 citations vérifiées de Paul Éluard sont réunies ici, chacune avec sa source.
  • Sept ouvrages fournissent ces textes, du plus représenté au plus rare.
  • Mort en 1952, Paul Éluard est dans le domaine public depuis 2023.

Qui était Paul Éluard

Paul Éluard naît le 14 décembre 1895 à Saint-Denis et meurt le 18 novembre 1952 à Charenton-le-Pont. Poète français, il choisit à l'adolescence le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie. Il adhère au dadaïsme puis devient l'un des piliers du surréalisme, ouvrant la voie à une action artistique engagée.

Du dadaïsme au surréalisme

Paul Éluard traverse les grands mouvements poétiques du vingtième siècle : le dadaïsme d'abord, puis le surréalisme, dont il devient l'un des piliers. Son engagement artistique reste indissociable de son écriture.

Les citations de Paul Éluard, avec leur source

80 citations de Paul Éluard, toutes sourcées, sont réunies sur cette page. La plupart viennent de Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie, mais d'autres oeuvres complètent cette sélection, chacune avec son éditeur et son année d'édition.

Capitale de la douleur (Gallimard, 1997)

« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur. » Ce vers, l'un des plus repris de Paul Éluard, est tiré de l'ouvrage Capitale de la douleur.

Ralentir travaux (Corti, 1968)

« Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. » Cette définition du poète, publiée dans l'ouvrage Ralentir travaux, renverse le rapport habituel entre l'auteur et son lecteur.

La Rose publique (Gallimard, 1967)

« Boire Un grand bol de sommeil noir Jusqu'à la dernière goutte » Ce vers de l'ouvrage La Rose publique associe le sommeil à un geste concret, presque domestique.

Les œuvres d'où viennent ces citations

Sept ouvrages fournissent les citations réunies sur cette page, du plus représenté au plus rare.

Les œuvres citées
TitreÉditeur
Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésieGallimard
Donner à voirGallimard
Capitale de la douleurGallimard
La Rose publiqueGallimard
Ralentir travauxCorti
Poésie et véritéLes Éditions de la Main à plume
PoésiesClub du meilleur livre

Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie reste le point d'entrée : c'est l'ouvrage le plus représenté parmi les 80 citations. Capitale de la douleur et La Rose publique le complètent sur le même terrain poétique. Donner à voir s'aborde ensuite, avec une écriture plus réflexive sur le regard. Ralentir travaux, Poésie et vérité et Poésies referment cette sélection, chacun avec un éditeur distinct.

Domaine public : ce que cela autorise

Paul Éluard est mort en 1952. En France, une oeuvre entre dans le domaine public 70 ans après la mort de son auteur : les écrits de Paul Éluard y sont donc entrés depuis 2023. Une fois dans le domaine public, un vers peut être imprimé, mis en musique ou revendu sans qu'aucun éditeur ne puisse s'y opposer.

Une limite à connaître

La règle des 70 ans protège le texte original. Une édition récente, une préface ou des notes ajoutées peuvent, elles, rester protégées séparément par le droit de leur propre auteur.

Cette sélection se prolonge sur d'autres thèmes du site : Citations sur le coucher de soleil, Citations sur la nature, Citations sur le regard, Citations d'amour pour elle et Citations sur les fleurs.

Les 76 autres citations

Le jardinage est la passion, belle bête de jardinier.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Ce n'est pas la nuit qui te manque, mais sa puissance.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Le supplice est plus dur aux bourreaux qu'aux victimes.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La faim couverte d'immondices Etreint le fantôme du blé.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Je sors au bras des ombres, Je suis au bas des ombres, Seul.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Silence. Le silence éclatant de ses rêves Caresse l'horizon.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Boire Un grand bol de sommeil noir Jusqu'à la dernière goutte
Paul Éluard La Rose publique Gallimard, 1967

Source

Aux alentours de l'espoir En pure perte Le calme fait le vide.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Ces beaux murs blancs d'apothéose Me sont d'une grande utilité.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré.
Paul Éluard Ralentir travaux Corti, 1968

Source

Je te l'ai dit pour les nuages Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Paul Éluard Capitale de la douleur Gallimard, 1997

Source

Les lignes de la main, autant de branches dans le vent tourbillonnant.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La fleur de chardon construit un château Elle monte aux échelles du vent.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La terre est bleue comme une orange Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Paul Éluard Capitale de la douleur Gallimard, 1997

Source

Dans mes yeux grands ouverts le soleil fait les joints, O jardin de mes yeux !
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Ce sont ses yeux qui la ramènent dans mes songes. Presque immobile, à l'aventure.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Caresse l'horizon de la nuit, cherche le cœur de jais que l'aube recouvre de chair.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La mort vint toute seule, s’en alla toute seule et celui qui aimait la vie resta seul.
Paul Éluard Donner à voir Gallimard, 1986

Source

Sur la pente fatale, le voyageur profite De la faveur du jour, verglas et sans cailloux.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

L'image d'homme rêve, mais plus rien n'est accroché à ses rêves que la nuit sans rivale.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Petite table enfantine, il y a des femmes dont les yeux sont comme des morceaux de sucre.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Le soir, la noblesse est partie de ce ciel. Ici, tout se blottit dans un feu qui s'éteint.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Par les fentes de ton sourire s'envole un animal hurleur. Qui ne jouit que dans les hauteurs.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La vertu se fait l'aumône de ses seins Et la grâce s'est prise dans les filets de ses paupières.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Le soir. La mer n'a plus de lumière et, comme aux temps anciens, tu pourrais dormir dans la mer.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Tout au sérieux, celui qui ne paie pas les dégâts Jongle avec ton trousseau, reine des lavandes.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Grand pays de bronze de la belle époque, par tes chemins en pente douce, l'inquiétude a déserté.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Voir, c’est comprendre, juger, transformer, imaginer, oublier ou s’oublier, être ou disparaître.
Paul Éluard Donner à voir Gallimard, 1986

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J'ai rencontré la jeunesse. Toute nue aux lis de satin bleu, Elle riait du présent, mon bel esclave.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Le cœur de l'homme ne rougira plus, il ne se perdra plus, je reviens de moi-même, de toute éternité.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Rien ne se décrit si bien que ce qui se connaît à peine. On ne découvre que ce qu’on ne connaît pas.
Paul Éluard Donner à voir Gallimard, 1986

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Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté.
Paul Éluard Poésie et vérité Les Éditions de la Main à plume, 1942

Source

Dans l'accolade de ses mains, une hirondelle aux cheveux plats se débat sans espoir. Elle est aveugle.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Venez à moi, si je vais à vous c'est un jeu, Les anges des bouquets dont les fleurs changent de couleur.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La consolation graine perdue, Le remords pluie fondue, La douleur bouche en cœur Et mes larges mains luttent.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

L'on vit de ce qu'on n'apprend pas Comme une abeille dans un obus Comme un cerveau tombant de haut De plus haut.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

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Ses rêves sont les nôtres Et les mains de désir qu'elle impose à son glaive Enivrent d'ouragans le monde délivré.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

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Les hommes errants plus forts que les nains habituels Ne se rencontrent pas. L'on raconte Qu'ils se dévoreraient.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

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Comme le jour dépend de l'innocence Le monde entier dépend de tes yeux purs Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La verdure caresse les épaules de la rue Le soir verse du feu dans des verres de couleur Comme à la fête Un éventail d'alcool.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Des étoiles d'ébène sur les vitres luisantes Promettent tout à leurs amants Les autres qui simulent Maintiennent l'ordre de plomb.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Elle est plus belle que les figures des gradins, Elle est plus dure, Elle est en bas avec les pierres et les ombres. Je l'ai rejointe.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Voir le silence, lui donner un baiser sur les lèvres et les toits de la ville seront de beaux oiseaux mélancoliques, aux ailes décharnées.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Vous marchez sans but sans savoir que les hommes Ont besoin d’être unis d’espérer de lutter Pour expliquer le monde et pour le transformer
Paul Éluard Poésies Club du meilleur livre, 1959

Source

Passage où la vue détourne d'un coup la pensée Une ombre s'agrandit cherche son univers Et tombe horizontalement Dans le sens de la marche.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Petite table dorée des jours de fête, il y a des femmes de bois vert et sombre celles qui pleurent, de bois sombre et vert : celles qui rient.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Dans les ravins du sommeil Le silence dresse ses enfants Voici le bruit fatal qui crève les tympans La poussiéreuse mort des couleurs L'idiotie.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Une couleur madame, une couleur monsieur, Une aux seins, une aux cheveux, La bouche des passions Et si vous voyez rouge La plus belle est à vos genoux.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Pour en finir Une tombe ornée de très jolis bibelots Un voile de soie sur les lenteurs de la luxure Pour en finir Une hache dans le dos d'un seul coup.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Rampe des mois d'hiver, jour pâle d'insomnie, mais aussi, dans les chambres les plus secrètes de l'ombre, la guirlande d'un corps autour de sa splendeur.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Tu ne pleureras pas Tu ne videras pas cette besace de poussière Et de félicités Tu vas d'un concret à un autre Par le plus court chemin celui des monstres.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Pas un jeu de mots. Tout est comparable à tout, tout trouve son écho, sa raison, sa ressemblance, son opposition, son devenir partout. Et ce devenir est infini.
Paul Éluard Donner à voir Gallimard, 1986

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Revenir dans une ville de velours et de porcelaine, les fenêtres seront des vases où les fleurs, qui auront quitté la terre, montreront la lumière telle qu'elle est.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

O régicide ! ton corset appartient aux mignons Et aux mignonnes de toutes sortes. Ta chair simple s'y développe, Tu t'y pourlèches dans la pourpre, ô nouveau médiateur !
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

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Les bêtes qui descendent des faubourgs en feu, Les oiseaux qui secouent leurs plumes meurtrières, Les terribles ciels jaunes tout nus Ont, en toute saison, fêté cette statue.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

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Le ciel tout engourdi, le ciel qui se dévoue n'est plus sur nous. L'oubli, mieux que le soir, l'efface. Privée de sang et de reflets, la cadence des tempes et des colonnes subsiste.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Bouquet des sèves le brasier que chevauche le vent Fumées en tête les armées de la prise du monde L'écume des tourments aériens la présence Les attaches du front le plus haut de la terre.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

La cruauté se noue et la douceur agile se dénoue. L'amant des ailes prend des visages bien clos, les flammes de la terre s'évadent par les seins et le jasmin des mains s'ouvre sur une étoile.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Vos danses sont le gouffre effrayant de mes songes Et je tombe et ma chute éternise ma vie, L'espace sous vos pieds est de plus en plus vaste, Merveilles, vous dansez sur les sources du ciel.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Les regards dans les rênes du coursier, Délivrant le bercement des palmes de mon sang, Je découvre soudain le raisin des façades couchées sur le soleil, Fourrure du drapeau des détroits insensibles.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Elle est comme une grande voiture de blé et ses mains germent et nous tirent la langue. Les routes qu'elle traîne derrière elle sont ses animaux domestiques et ses pas majestueux leur ferment les yeux.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Je ne suis pas de ceux qui cherchent à s’égarer, à s’oublier, en n’aimant rien, en réduisant leurs besoins, leurs goûts, leurs désirs, en conduisant leur vie, c’est-à-dire la vie, à la répugnante conclusion de leur mort.
Paul Éluard Donner à voir Gallimard, 1986

Source

Ne plus aimer que la douceur et l'immobilité à l'œil de plâtre, au front de nacre, à l'œil absent, au front vivant, aux mains qui sans se fermer, gardent tout sur leurs balances, les plus justes du monde, invariables, toujours exactes.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Vous échangez un regard clair pour un printemps, Le tour de votre taille pour un tour de fleur, L'audace et le danger pour votre chair sans ombre, Vous échangez l'amour pour des frissons d'épées Et le rire inconscient pour des promesses d'aube.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Tourne sans reflets aux courbes sans sourires des ombres à moustaches, enregistre les murmures de la vitesse, la terreur minuscule, cherche sous des cendres froides les plus petits oiseaux, ceux qui ne ferment jamais leurs ailes, résiste au vent.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Un jour, ils en seront las, un jour ils seront en colère, aiguilles de feu, masques de poix et de moutarde, et la femme se lèvera, avec des mains dangereuses, avec des yeux de perdition, avec un corps dévasté, rayonnant à toute heure. Et le soleil refleurira, comme le mimosa.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Je reculais lentement. Je devins inactif, improductif ; je devins intangible, invisible, incompréhensible. Une nuit encore, on m’illumina, faiblement ; puis ce fut la tombe, toute panachée de racines, d’animaux luisants, d’os. Personne ne s’en doutait, personne ne m’y suivit.
Paul Éluard Donner à voir Gallimard, 1986

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De l'arabesque qui fermait les lieux d'ivresse, la ronce douce, squelette de ton pouce et tous ces signes précurseurs de l'incendie animal qui dévorera en un clin de retour de flamme ta grâce de la Sainte-Claire. Dans les lieux d'ivresse, la bourrasque de palmes et de vin noir fait rage.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

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La brûlure de toutes les métamorphoses La chaîne entière des aurores dans la tête Tous les cris qui s'acharnent à briser les mots Et qui creusent la bouche et qui creusent les yeux Où les couleurs furieuses défont les brumes de l'attente Dressent l'amour contre la vie les morts en rêvent.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

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Aux marches des torrents Des filles de cristal aux tempes fraîches Petites qui fleurissent et faibles qui sourient Pour faire la part de l'eau séduisent la lumière Des chutes de soleil des aurores liquides Et quand leurs baisers deviennent invisibles Elles vont dormir dans la gueule des lions.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Es-tu sûre, héroïne aux sens de phare, d'avoir vaincu la miséricorde et l'ombre, ces deux sœurs lavandières, prenons-les à la gorge, elles ne sont pas jolies et pour ce que nous voulons en faire, le monde se détachera bien assez vite de leur crinière peignant l'encens sur le bord des fontaines.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Dans la brume où des verres d'eau s'entrechoquent, où les serpents cherchent du lait, un monument de laine et de soie disparaît. C'est là que, la nuit dernière, apportant leur faiblesse, toutes les femmes entrèrent. Le monde n'était pas fait pour leurs promenades incessantes, pour leur démarche languissante, pour leur recherche de l'amour.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Sous la menace rouge d'une épée, défaisant sa chevelure qui guide des baisers, qui montre à quel endroit le baiser se repose, elle rit. L'ennui, sur son épaule, s'est endormi. L'ennui ne s'ennuie qu'avec elle qui rit, la téméraire, et d'un rire insensé, d'un rire de fin du jour semant sous tous les ponts des soleils rouges, des lunes bleues, fleurs fanées d'un bouquet désenchanté.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Le fleuve se détend, passe avec adresse dans le soleil, regarde la nuit, la trouve belle et à son goût, passe son bras sous le sien et redouble de brutalité, la douceur étant la conjonction d'un œil fermé avec un œil ouvert ou du dédain avec l'enthousiasme, du refus avec la confiance et de la haine avec l'amour, voyez quand même la barrière de cristal que l'homme a fermée devant l'homme.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

« ... L'œillet de poète sacrifia les cieux pour une chevelure blonde. Le caméléon s'attarda dans une clairière pour y construire un minuscule palais de fraises et d'araignées, les pyramides d'Égypte faisaient rire les passants, car elles ne savaient pas que la pluie désaltère la terre. Enfin, le papillon d'orange secoua ses pépins sur les paupières des enfants qui crurent sentir passer le marchand de sable. »
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

L'absolue nécessité, l'absolu désir, découdre tous ces habits, le plomb de la verdure qui dort sous la feuillée avec un tapis rouge dans les cheveux d'ordre et de brûlures semant la pâleur, l'azurine de teinte de la poudre d'or du chercheur de noir au fond du rideau dur et renâclant l'humide désertion, poussant le verre ardent, hachure dépendant de l'éternité délirante du pauvre, la machine se disperse et retrouve la ronde armature des rousses au désir de sucre rouge.
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie Gallimard, 1966

Source

Questions fréquentes

Quelle est la citation la plus connue de Paul Éluard ?

Parmi les 80 citations réunies ici, « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur. » est l'un des vers les plus connus de Paul Éluard. Il est tiré de l'ouvrage Capitale de la douleur (Gallimard, 1997).

De quelle œuvre viennent les citations de Paul Éluard ?

La majorité des citations proviennent de Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (Gallimard). Les autres viennent de six autres ouvrages, dont Ralentir travaux et La Rose publique.

Les textes de Paul Éluard sont-ils libres de droits ?

Paul Éluard est mort en 1952. En France, une oeuvre entre dans le domaine public 70 ans après la mort de son auteur, donc depuis 2023 pour ses écrits. Les éditions récentes ou les préfaces ajoutées peuvent rester protégées séparément.

Comment citer Paul Éluard correctement dans un devoir ou un discours ?

Le vers se reproduit entre guillemets, sans modification, suivi de l'oeuvre, de l'éditeur et de l'année : par exemple Capitale de la douleur, Gallimard, 1997. Ces trois repères accompagnent individuellement les 80 citations rassemblées sur cette page.

Sources et méthode

Les textes de cette page viennent de Wikiquote et du Wiktionnaire, sous licence CC BY-SA 3.0. Chacun garde son auteur, son œuvre et l'édition d'où il est tiré, et un lien vers sa page d'origine. Le site ne publie que des auteurs entrés dans le domaine public français, c'est-à-dire morts en 1955 ou avant.