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Paul Éluard : 80 citations sourcées et vérifiées
Paul Éluard (1895-1952), poète français passé du dadaïsme au surréalisme, laisse une oeuvre marquée par des vers courts et une écriture sensible. Les 80 citations rassemblées ici précisent chacune leur oeuvre d'origine, leur éditeur et leur année de parution.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
La peur en loques perce les murs.
Si je m'endors, c'est pour ne plus rêver.
L'hiver sur la prairie apporte des souris.
La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur.
À retenir
- 80 citations vérifiées de Paul Éluard sont réunies ici, chacune avec sa source.
- Sept ouvrages fournissent ces textes, du plus représenté au plus rare.
- Mort en 1952, Paul Éluard est dans le domaine public depuis 2023.
Qui était Paul Éluard
Paul Éluard naît le 14 décembre 1895 à Saint-Denis et meurt le 18 novembre 1952 à Charenton-le-Pont. Poète français, il choisit à l'adolescence le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie. Il adhère au dadaïsme puis devient l'un des piliers du surréalisme, ouvrant la voie à une action artistique engagée.
Du dadaïsme au surréalisme
Paul Éluard traverse les grands mouvements poétiques du vingtième siècle : le dadaïsme d'abord, puis le surréalisme, dont il devient l'un des piliers. Son engagement artistique reste indissociable de son écriture.
Les citations de Paul Éluard, avec leur source
80 citations de Paul Éluard, toutes sourcées, sont réunies sur cette page. La plupart viennent de Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie, mais d'autres oeuvres complètent cette sélection, chacune avec son éditeur et son année d'édition.
Capitale de la douleur (Gallimard, 1997)
« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur. » Ce vers, l'un des plus repris de Paul Éluard, est tiré de l'ouvrage Capitale de la douleur.
Ralentir travaux (Corti, 1968)
« Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. » Cette définition du poète, publiée dans l'ouvrage Ralentir travaux, renverse le rapport habituel entre l'auteur et son lecteur.
La Rose publique (Gallimard, 1967)
« Boire Un grand bol de sommeil noir Jusqu'à la dernière goutte » Ce vers de l'ouvrage La Rose publique associe le sommeil à un geste concret, presque domestique.
Les œuvres d'où viennent ces citations
Sept ouvrages fournissent les citations réunies sur cette page, du plus représenté au plus rare.
| Titre | Éditeur |
|---|---|
| Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie | Gallimard |
| Donner à voir | Gallimard |
| Capitale de la douleur | Gallimard |
| La Rose publique | Gallimard |
| Ralentir travaux | Corti |
| Poésie et vérité | Les Éditions de la Main à plume |
| Poésies | Club du meilleur livre |
Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie reste le point d'entrée : c'est l'ouvrage le plus représenté parmi les 80 citations. Capitale de la douleur et La Rose publique le complètent sur le même terrain poétique. Donner à voir s'aborde ensuite, avec une écriture plus réflexive sur le regard. Ralentir travaux, Poésie et vérité et Poésies referment cette sélection, chacun avec un éditeur distinct.
Domaine public : ce que cela autorise
Paul Éluard est mort en 1952. En France, une oeuvre entre dans le domaine public 70 ans après la mort de son auteur : les écrits de Paul Éluard y sont donc entrés depuis 2023. Une fois dans le domaine public, un vers peut être imprimé, mis en musique ou revendu sans qu'aucun éditeur ne puisse s'y opposer.
Une limite à connaître
La règle des 70 ans protège le texte original. Une édition récente, une préface ou des notes ajoutées peuvent, elles, rester protégées séparément par le droit de leur propre auteur.
Cette sélection se prolonge sur d'autres thèmes du site : Citations sur le coucher de soleil, Citations sur la nature, Citations sur le regard, Citations d'amour pour elle et Citations sur les fleurs.
Les 76 autres citations
Le jardinage est la passion, belle bête de jardinier.
Ce n'est pas la nuit qui te manque, mais sa puissance.
Le supplice est plus dur aux bourreaux qu'aux victimes.
La faim couverte d'immondices Etreint le fantôme du blé.
Je sors au bras des ombres, Je suis au bas des ombres, Seul.
Silence. Le silence éclatant de ses rêves Caresse l'horizon.
Boire Un grand bol de sommeil noir Jusqu'à la dernière goutte
Aux alentours de l'espoir En pure perte Le calme fait le vide.
Ces beaux murs blancs d'apothéose Me sont d'une grande utilité.
Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré.
Je te l'ai dit pour les nuages Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Les lignes de la main, autant de branches dans le vent tourbillonnant.
La fleur de chardon construit un château Elle monte aux échelles du vent.
La terre est bleue comme une orange Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Dans mes yeux grands ouverts le soleil fait les joints, O jardin de mes yeux !
Ce sont ses yeux qui la ramènent dans mes songes. Presque immobile, à l'aventure.
Caresse l'horizon de la nuit, cherche le cœur de jais que l'aube recouvre de chair.
La mort vint toute seule, s’en alla toute seule et celui qui aimait la vie resta seul.
Sur la pente fatale, le voyageur profite De la faveur du jour, verglas et sans cailloux.
L'image d'homme rêve, mais plus rien n'est accroché à ses rêves que la nuit sans rivale.
Petite table enfantine, il y a des femmes dont les yeux sont comme des morceaux de sucre.
Le soir, la noblesse est partie de ce ciel. Ici, tout se blottit dans un feu qui s'éteint.
Par les fentes de ton sourire s'envole un animal hurleur. Qui ne jouit que dans les hauteurs.
La vertu se fait l'aumône de ses seins Et la grâce s'est prise dans les filets de ses paupières.
Le soir. La mer n'a plus de lumière et, comme aux temps anciens, tu pourrais dormir dans la mer.
Tout au sérieux, celui qui ne paie pas les dégâts Jongle avec ton trousseau, reine des lavandes.
Grand pays de bronze de la belle époque, par tes chemins en pente douce, l'inquiétude a déserté.
Voir, c’est comprendre, juger, transformer, imaginer, oublier ou s’oublier, être ou disparaître.
J'ai rencontré la jeunesse. Toute nue aux lis de satin bleu, Elle riait du présent, mon bel esclave.
Le cœur de l'homme ne rougira plus, il ne se perdra plus, je reviens de moi-même, de toute éternité.
Rien ne se décrit si bien que ce qui se connaît à peine. On ne découvre que ce qu’on ne connaît pas.
Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté.
Dans l'accolade de ses mains, une hirondelle aux cheveux plats se débat sans espoir. Elle est aveugle.
Venez à moi, si je vais à vous c'est un jeu, Les anges des bouquets dont les fleurs changent de couleur.
La consolation graine perdue, Le remords pluie fondue, La douleur bouche en cœur Et mes larges mains luttent.
L'on vit de ce qu'on n'apprend pas Comme une abeille dans un obus Comme un cerveau tombant de haut De plus haut.
Ses rêves sont les nôtres Et les mains de désir qu'elle impose à son glaive Enivrent d'ouragans le monde délivré.
Les hommes errants plus forts que les nains habituels Ne se rencontrent pas. L'on raconte Qu'ils se dévoreraient.
Comme le jour dépend de l'innocence Le monde entier dépend de tes yeux purs Et tout mon sang coule dans leurs regards.
La verdure caresse les épaules de la rue Le soir verse du feu dans des verres de couleur Comme à la fête Un éventail d'alcool.
Des étoiles d'ébène sur les vitres luisantes Promettent tout à leurs amants Les autres qui simulent Maintiennent l'ordre de plomb.
Elle est plus belle que les figures des gradins, Elle est plus dure, Elle est en bas avec les pierres et les ombres. Je l'ai rejointe.
Voir le silence, lui donner un baiser sur les lèvres et les toits de la ville seront de beaux oiseaux mélancoliques, aux ailes décharnées.
Vous marchez sans but sans savoir que les hommes Ont besoin d’être unis d’espérer de lutter Pour expliquer le monde et pour le transformer
Passage où la vue détourne d'un coup la pensée Une ombre s'agrandit cherche son univers Et tombe horizontalement Dans le sens de la marche.
Petite table dorée des jours de fête, il y a des femmes de bois vert et sombre celles qui pleurent, de bois sombre et vert : celles qui rient.
Dans les ravins du sommeil Le silence dresse ses enfants Voici le bruit fatal qui crève les tympans La poussiéreuse mort des couleurs L'idiotie.
Une couleur madame, une couleur monsieur, Une aux seins, une aux cheveux, La bouche des passions Et si vous voyez rouge La plus belle est à vos genoux.
Pour en finir Une tombe ornée de très jolis bibelots Un voile de soie sur les lenteurs de la luxure Pour en finir Une hache dans le dos d'un seul coup.
Rampe des mois d'hiver, jour pâle d'insomnie, mais aussi, dans les chambres les plus secrètes de l'ombre, la guirlande d'un corps autour de sa splendeur.
Tu ne pleureras pas Tu ne videras pas cette besace de poussière Et de félicités Tu vas d'un concret à un autre Par le plus court chemin celui des monstres.
Pas un jeu de mots. Tout est comparable à tout, tout trouve son écho, sa raison, sa ressemblance, son opposition, son devenir partout. Et ce devenir est infini.
Revenir dans une ville de velours et de porcelaine, les fenêtres seront des vases où les fleurs, qui auront quitté la terre, montreront la lumière telle qu'elle est.
O régicide ! ton corset appartient aux mignons Et aux mignonnes de toutes sortes. Ta chair simple s'y développe, Tu t'y pourlèches dans la pourpre, ô nouveau médiateur !
Les bêtes qui descendent des faubourgs en feu, Les oiseaux qui secouent leurs plumes meurtrières, Les terribles ciels jaunes tout nus Ont, en toute saison, fêté cette statue.
Le ciel tout engourdi, le ciel qui se dévoue n'est plus sur nous. L'oubli, mieux que le soir, l'efface. Privée de sang et de reflets, la cadence des tempes et des colonnes subsiste.
Bouquet des sèves le brasier que chevauche le vent Fumées en tête les armées de la prise du monde L'écume des tourments aériens la présence Les attaches du front le plus haut de la terre.
La cruauté se noue et la douceur agile se dénoue. L'amant des ailes prend des visages bien clos, les flammes de la terre s'évadent par les seins et le jasmin des mains s'ouvre sur une étoile.
Vos danses sont le gouffre effrayant de mes songes Et je tombe et ma chute éternise ma vie, L'espace sous vos pieds est de plus en plus vaste, Merveilles, vous dansez sur les sources du ciel.
Les regards dans les rênes du coursier, Délivrant le bercement des palmes de mon sang, Je découvre soudain le raisin des façades couchées sur le soleil, Fourrure du drapeau des détroits insensibles.
Elle est comme une grande voiture de blé et ses mains germent et nous tirent la langue. Les routes qu'elle traîne derrière elle sont ses animaux domestiques et ses pas majestueux leur ferment les yeux.
Je ne suis pas de ceux qui cherchent à s’égarer, à s’oublier, en n’aimant rien, en réduisant leurs besoins, leurs goûts, leurs désirs, en conduisant leur vie, c’est-à-dire la vie, à la répugnante conclusion de leur mort.
Ne plus aimer que la douceur et l'immobilité à l'œil de plâtre, au front de nacre, à l'œil absent, au front vivant, aux mains qui sans se fermer, gardent tout sur leurs balances, les plus justes du monde, invariables, toujours exactes.
Vous échangez un regard clair pour un printemps, Le tour de votre taille pour un tour de fleur, L'audace et le danger pour votre chair sans ombre, Vous échangez l'amour pour des frissons d'épées Et le rire inconscient pour des promesses d'aube.
Tourne sans reflets aux courbes sans sourires des ombres à moustaches, enregistre les murmures de la vitesse, la terreur minuscule, cherche sous des cendres froides les plus petits oiseaux, ceux qui ne ferment jamais leurs ailes, résiste au vent.
Un jour, ils en seront las, un jour ils seront en colère, aiguilles de feu, masques de poix et de moutarde, et la femme se lèvera, avec des mains dangereuses, avec des yeux de perdition, avec un corps dévasté, rayonnant à toute heure. Et le soleil refleurira, comme le mimosa.
Je reculais lentement. Je devins inactif, improductif ; je devins intangible, invisible, incompréhensible. Une nuit encore, on m’illumina, faiblement ; puis ce fut la tombe, toute panachée de racines, d’animaux luisants, d’os. Personne ne s’en doutait, personne ne m’y suivit.
De l'arabesque qui fermait les lieux d'ivresse, la ronce douce, squelette de ton pouce et tous ces signes précurseurs de l'incendie animal qui dévorera en un clin de retour de flamme ta grâce de la Sainte-Claire. Dans les lieux d'ivresse, la bourrasque de palmes et de vin noir fait rage.
La brûlure de toutes les métamorphoses La chaîne entière des aurores dans la tête Tous les cris qui s'acharnent à briser les mots Et qui creusent la bouche et qui creusent les yeux Où les couleurs furieuses défont les brumes de l'attente Dressent l'amour contre la vie les morts en rêvent.
Aux marches des torrents Des filles de cristal aux tempes fraîches Petites qui fleurissent et faibles qui sourient Pour faire la part de l'eau séduisent la lumière Des chutes de soleil des aurores liquides Et quand leurs baisers deviennent invisibles Elles vont dormir dans la gueule des lions.
Es-tu sûre, héroïne aux sens de phare, d'avoir vaincu la miséricorde et l'ombre, ces deux sœurs lavandières, prenons-les à la gorge, elles ne sont pas jolies et pour ce que nous voulons en faire, le monde se détachera bien assez vite de leur crinière peignant l'encens sur le bord des fontaines.
Dans la brume où des verres d'eau s'entrechoquent, où les serpents cherchent du lait, un monument de laine et de soie disparaît. C'est là que, la nuit dernière, apportant leur faiblesse, toutes les femmes entrèrent. Le monde n'était pas fait pour leurs promenades incessantes, pour leur démarche languissante, pour leur recherche de l'amour.
Sous la menace rouge d'une épée, défaisant sa chevelure qui guide des baisers, qui montre à quel endroit le baiser se repose, elle rit. L'ennui, sur son épaule, s'est endormi. L'ennui ne s'ennuie qu'avec elle qui rit, la téméraire, et d'un rire insensé, d'un rire de fin du jour semant sous tous les ponts des soleils rouges, des lunes bleues, fleurs fanées d'un bouquet désenchanté.
Le fleuve se détend, passe avec adresse dans le soleil, regarde la nuit, la trouve belle et à son goût, passe son bras sous le sien et redouble de brutalité, la douceur étant la conjonction d'un œil fermé avec un œil ouvert ou du dédain avec l'enthousiasme, du refus avec la confiance et de la haine avec l'amour, voyez quand même la barrière de cristal que l'homme a fermée devant l'homme.
« ... L'œillet de poète sacrifia les cieux pour une chevelure blonde. Le caméléon s'attarda dans une clairière pour y construire un minuscule palais de fraises et d'araignées, les pyramides d'Égypte faisaient rire les passants, car elles ne savaient pas que la pluie désaltère la terre. Enfin, le papillon d'orange secoua ses pépins sur les paupières des enfants qui crurent sentir passer le marchand de sable. »
L'absolue nécessité, l'absolu désir, découdre tous ces habits, le plomb de la verdure qui dort sous la feuillée avec un tapis rouge dans les cheveux d'ordre et de brûlures semant la pâleur, l'azurine de teinte de la poudre d'or du chercheur de noir au fond du rideau dur et renâclant l'humide désertion, poussant le verre ardent, hachure dépendant de l'éternité délirante du pauvre, la machine se disperse et retrouve la ronde armature des rousses au désir de sucre rouge.
Questions fréquentes
Quelle est la citation la plus connue de Paul Éluard ?
Parmi les 80 citations réunies ici, « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur. » est l'un des vers les plus connus de Paul Éluard. Il est tiré de l'ouvrage Capitale de la douleur (Gallimard, 1997).
De quelle œuvre viennent les citations de Paul Éluard ?
La majorité des citations proviennent de Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (Gallimard). Les autres viennent de six autres ouvrages, dont Ralentir travaux et La Rose publique.
Les textes de Paul Éluard sont-ils libres de droits ?
Paul Éluard est mort en 1952. En France, une oeuvre entre dans le domaine public 70 ans après la mort de son auteur, donc depuis 2023 pour ses écrits. Les éditions récentes ou les préfaces ajoutées peuvent rester protégées séparément.
Comment citer Paul Éluard correctement dans un devoir ou un discours ?
Le vers se reproduit entre guillemets, sans modification, suivi de l'oeuvre, de l'éditeur et de l'année : par exemple Capitale de la douleur, Gallimard, 1997. Ces trois repères accompagnent individuellement les 80 citations rassemblées sur cette page.
Sources et méthode
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