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Citations de Charles Baudelaire, sourcées et datées
Charles Baudelaire (1821-1867) a laissé des vers repris jusque dans les manuels scolaires et des proses moins connues, tout aussi tranchantes. Cette page réunit 52 de ses textes, tirés des Fleurs du mal, du Spleen de Paris, de Mon cœur mis à nu ou de sa correspondance, chacun rattaché à son édition.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
Homme libre, toujours tu chériras la mer.
La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable.
Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !
De Maistre et Edgar Poe m'ont appris à raisonner.
À retenir
- 52 citations de Charles Baudelaire composent cette page, toutes vérifiables.
- Elles viennent de 8 sources recensées : Les Fleurs du mal, Le Spleen de Paris, Mon cœur mis à nu, Œuvres complètes et L'Art romantique parmi elles.
- Baudelaire est mort en 1867 : ses textes sont dans le domaine public français.
Qui était Charles Baudelaire
Charles Baudelaire naît en 1821 et meurt en 1867. Poète et traducteur français, il reste associé aux Fleurs du mal, recueil qui lui vaut un procès en 1857, et à des proses réunies après sa mort sous le titre Le Spleen de Paris. Ce mélange de vers réglés et de textes en prose explique qu'on le cite encore aujourd'hui pour des raisons opposées : la forme d'un côté, la formule tranchante de l'autre.
Sa correspondance et ses carnets, comme Mon cœur mis à nu, montrent un homme aussi sévère envers ses contemporains qu'envers lui-même. C'est de ce fonds, associé aux recueils publiés de son vivant, que viennent les 52 citations rassemblées ici.
Les citations de Charles Baudelaire, avec leur source
Le vers le plus repris de la sélection ouvre Les Fleurs du mal : « Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère ! » (Œuvres complètes, Robert Laffont, 2004). Baudelaire y accuse directement celui qui le lit, une adresse rare dans la poésie de son époque.
Dans le même recueil, le premier quatrain de Correspondances pose une autre idée, plus philosophique : « La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L'homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l'observent avec des regards familiers. » (Œuvres complètes, Robert Laffont, 2004 (1980)).
Une phrase plus brutale, tirée elle aussi des Œuvres complètes (Robert Laffont, 2004) : « La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable. » Elle tranche avec Correspondances : le même auteur passe d'une nature admirée à une nature dénoncée, selon l'objet qu'il vise.
| Citation (extrait) | Oeuvre | Éditeur | Année |
|---|---|---|---|
| Hypocrite lecteur | Œuvres complètes | Robert Laffont | 2004 (1980) |
| La Nature est un temple | Œuvres complètes | Robert Laffont | 2004 (1980) |
| La femme est naturelle | Œuvres complètes | Robert Laffont | 2004 |
Les œuvres d'où viennent ces citations
Les Fleurs du mal fournissent les vers les plus connus de la sélection, poèmes achevés que Baudelaire a lui-même organisés en recueil. Le Spleen de Paris rassemble au contraire des proses courtes, écrites sans mètre ni rime, souvent plus narratives : elles se lisent comme des scènes.
Mon cœur mis à nu, publié après sa mort, donne le ton le plus direct : des notes courtes, parfois une phrase, jamais retravaillées pour un public. L'Art romantique et la correspondance complètent l'ensemble avec un Baudelaire critique et lecteur, jugeant peintres et écrivains de son temps.
- Les Fleurs du mal, pour les vers les plus travaillés
- Le Spleen de Paris, pour les proses courtes
- Mon cœur mis à nu, pour les notes les plus crues
- L'Art romantique et Œuvres complètes, pour le regard critique
Domaine public : ce que cela autorise
En droit français, une œuvre entre dans le domaine public 70 ans après la mort de son auteur. Baudelaire étant mort en 1867, ses textes sont libres depuis 1937 : ils peuvent être reproduits, adaptés ou même vendus sans autorisation ni redevance, à condition de respecter le droit moral, c'est-à-dire de ne pas les dénaturer ni de taire leur auteur.
Ce statut ne dispense pas de vérifier l'édition citée : Le Spleen de Paris (Petits Poèmes en prose) et le Spleen de Paris publié chez Maxi-Livres ne portent pas la même pagination, et une phrase attribuée sans référence circule souvent déformée. Les citations de cette page renvoient chacune à une édition identifiée, de 1857 pour la première parution des Fleurs du mal à 2004 pour les Œuvres complètes chez Robert Laffont.
D'autres pages du site prolongent des thèmes présents dans ces textes : les Citations sur Dieu et les Citations sur la Bible pour les pages les plus religieuses, les Citations sur la nature pour Correspondances, les Citations sur les femmes pour les jugements les plus tranchés, et les Citations sur le père et le fils pour un thème plus rare chez lui.
Les 48 autres citations
Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste.
La passion frénétique de l'art est un chancre qui dévore le reste.
Être un homme utile m'a toujours paru quelque chose de bien hideux.
La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas !
L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu.
Ce qu'il y a d'enivrant dans le mauvais goût, c'est le plaisir aristocratique de déplaire.
Il est aussi difficile de supposer une mère sans amour maternel qu'une lumière sans chaleur
Et à quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante ?
Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ?
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! Que l'espace est profond ! Que le cœur est puissant !
S'il existait un gouvernement qui eût intérêt à corrompre ses gouvernés, il n'aurait qu'à encourager l'usage du hachisch.
Quand Jésus-Christ dit : « Heureux ceux qui sont affamés car ils seront rassasiés », Jésus-Christ fait un calcul de probabilités.
La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable.
La croyance au progrès est une doctrine de paresseux, une doctrine de Belges. C'est l'individu qui compte sur ses voisins pour faire sa besogne.
Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.
Il n'y a de gouvernement raisonnable et assuré que l'aristocratique. Monarchie ou république basées sur la démocratie sont également absurdes et faibles.
Hélas ! les vices de l’homme, si pleins d’horreur qu’on les suppose, contiennent la preuve (quand ce ne serait que leur infinie expansion !) de son goût de l’infini.
Dans le sommeil, ce voyage aventureux de tous les soirs, il y a quelque chose de positivement miraculeux ; c’est un miracle dont la ponctualité a émoussé le mystère.
Le Poète est semblable au princes des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer ; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
L'être le plus prostitué, c'est l'être par excellence, c'est Dieu, puisqu'il est l'ami suprême pour chaque individu, puisqu'il est le réservoir commun, inépuisable de l'amour.
Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ; Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins, Qui d’une main distraite et légère caresse, Avant de s’endormir, le contour de ses seins
Il n'y a de grand parmi les hommes que le poète, le prêtre et le soldat, l'homme qui chante, l'homme qui bénit, l'homme qui sacrifie et se sacrifie. Le reste est fait pour le fouet.
Léonard de Vinci, - miroir profond et sombre, Où des anges charmants, avec un doux souris Tout chargé de mystère, apparaissent à l’ombre Des glaciers et des pins qui ferment leur pays
La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L’homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers.
La vue d'une femme belge me donne une vague envie de m'évanouir. Le Dieu Éros lui-même, s'il voulait glacer immédiatement tous ses feux, n'aurait qu'à contempler le visage d'une Belge.
Le voici qui, à la clarté sombre des réverbères tourmentés par le vent de la nuit, remonte une des longues rues tortueuses et peuplées de petits ménages de la montagne Sainte-Geneviève.
Parmi l'énumération nombreuse des droits de l'homme que la sagesse du XIXe siècle recommence si souvent et si complaisamment, deux assez importants ont été oubliés, qui sont le droit de se contredire et le droit de s'en aller.
-Elle pleure, insensé, parce qu'elle a vécu! Et parce qu'elle vit! Mais ce qu'elle déplore Surtout, ce qui la fait frémir jusqu'aux genoux, C'est que demain, hélas! il faudra vivre encore! Demain, aprés-demain et toujours! - comme nous!
C'était l'explosion du nouvel an : chaos de boue et de neige, traversé de mille carrosses, étincelant de joujoux et de bonbons, grouillant de cupidités et de désespoirs, délire officiel d'une grande ville fait pour troubler le cerveau du solitaire le plus fort.
Puisse ce legs n’être remis que dans un temps infiniment reculé ; puisse ce pénétrant écrivain, ce malade charmant jusque dans ses moqueries, nous être conservé plus longtemps encore que le fragile Voltaire, qui mit, comme on a dit, quatre-vingt-quatre ans à mourir !
Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlée à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure, je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.
Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable. Ne soyons donc pas plus cruels envers lui qu'envers nous-mêmes, et traitons-le comme notre égal.
Il n'est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art ; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage.
Le gros Satan, tapait avec son poing sur son immense ventre, d'où sortait alors un long et retentissant cliquetis de métal, qui se terminait en un vague gémissement fait de nombreuses voix humaines. Et il riait, en montrant impudemment ses dents gâtées, d'un énorme rire imbécile, comme certains hommes de tous les pays quand ils ont trop bien dîné.
J'ai souvent pensé que si Jésus Christ paraissait aujourd'hui sur le banc des accusés, il se trouverait quelque procureur qui démontrerait que son cas est aggravé par la récidive. Quant au vin, il récidive tous les jours. Tous les jours il répète ses bienfaits. C'est sans doute ce qui explique l'acharnement des moralistes contre lui. Quand je dis moralistes, j'entends pseudo-moralistes pharisiens.
L’homme qui, dès le commencement, a été longtemps baigné dans la molle atmosphère de la femme, dans l’odeur de ses mains, de son sein, de ses genoux, de sa chevelure, de ses vêtements souples et flottants, : :Dulce balneum suavibus :Unguentatum odoribus, : y a contracté une délicatesse d’épiderme et une distinction d’accent, une espèce d’androgynéité, sans lesquelles le génie le plus âpre et le plus viril reste, relativement à la perfection dans l’art, un être incomplet.
Le visage du premier Satan était d'un sexe ambigu, et il y avait aussi, dans les lignes de son corps, la mollesse des anciens Bacchus. Ses beaux yeux languissants, d'une couleur ténébreuse et indécise, ressemblaient à des violettes chargées encore des lourds pleurs de l'orage, et ses lèvres entrouvertes à des cassolettes chaudes, d'où s'exhalait la bonne odeur d'une parfumerie ; et à chaque fois qu'il soupirait, des insectes musqués s'illuminaient, en voletant, aux ardeurs de son souffle.
Quand David, cet astre froid, et Guérin et Girodet, ses satellites historiques, espèces d'abstracteurs de quintessence dans leur genre, se levèrent sur l'horizon de l'art, il se fit une grande révolution.(...) Cette contemplation perpétuelle de l'histoire grecque et romaine ne pouvait, après tout, qu'avoir une influence stoïcienne salutaire; mais ils ne furent pas toujours aussi Grecs et Romains qu'ils voulurent le paraître. David, il est vrai, ne cessa jamais d'être héroïque, l'inflexible David, le révélateur despote.
Pour moi, si je me penche vers la belle Féline, la si bien nommée, qui est à la fois l'honneur de son sexe, l'orgueil de mon cœur et le parfum de mon esprit, que ce soit la nuit, que ce soit le jour, dans la pleine lumière ou dans l'ombre opaque, au fond de ses yeux adorables je vois toujours l'heure distinctement, toujours la même, une heure vaste, solennelle, grande comme l'espace, sans division de minutes ni de secondes, - une heure immobile qui n'est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d'œil.
Saint Pierre a renié Jésus… il a bien fait !
Avis aux non-communistes : Tout est commun, même Dieu.
Les nations n'ont de grands hommes que malgré elles. Donc, le grand homme est vainqueur de toute sa nation.
L’Humanité bavarde, ivre de son génie, Et, folle maintenant comme elle était jadis, Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie : « Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! »
Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage Que nous puissions donner de notre dignité Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge Et vient mourir au bord de votre éternité !
C'est la Mort qui console, hélas ! Et qui fait vivre; C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre, Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir.
Grands bois, vous m’effrayez comme des cathédrales ; Vous hurlez comme l’orgue ; et dans nos cœurs maudits, Chambres d’éternel deuil où vibrent de vieux râles, Répondent les échos de vos De profundis.
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, […] Dans la ménagerie infâme de nos vices, Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde ! Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris, Il ferait volontiers de la terre un débris Et dans un bâillement avalerait le monde ; C’est l’Ennui !
Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi ! Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d'effroi Se planteront bientôt comme dans une cible. […] Souviens-toi que le temps est un joueur avide Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi. […] Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard, Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge, Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge ! ), Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »
Questions fréquentes
Quelle est la citation la plus connue de Charles Baudelaire ?
« Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère ! », tiré des Œuvres complètes (Robert Laffont, 2004), reste le vers le plus cité de Charles Baudelaire sur cette page.
De quelle œuvre viennent les citations de Charles Baudelaire ?
Cette page cite Les Fleurs du mal, Le Spleen de Paris, Mon cœur mis à nu, L'Art romantique et les Œuvres complètes publiées chez Robert Laffont, entre autres sources recensées.
Les textes de Charles Baudelaire sont-ils libres de droits ?
Oui : mort en 1867, Charles Baudelaire est dans le domaine public en France depuis 1937, soixante-dix ans après sa disparition, et ses textes peuvent être repris librement.
Comment citer Charles Baudelaire correctement dans un devoir ou un discours ?
Reprendre le texte mot pour mot, indiquer l'oeuvre d'origine (Les Fleurs du mal, Le Spleen de Paris ou une autre), et si possible l'édition et l'année utilisées pour la citation.
Sources et méthode
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