Auteur
Citations de Marquis de Sade, sourcées et datées
Vingt-et-un textes composent cette page consacrée à Marquis de Sade, tirés de cinq oeuvres publiées entre 1881 et 1982. Certains sont signés de sa main, d'autres appartiennent à un ouvrage qui l'étudie après coup. Chaque extrait porte son oeuvre d'origine, son éditeur et son année, pour séparer ce que Sade a écrit de ce qu'on a écrit sur lui.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
Peuple, vous pouvez tout sans eux, eux seuls ne peuvent rien sans vous.
Sade joue son existence à mettre en place une prestigieuse machine qui n'imite ni ne crée, qui ne reproduit ni ne produit, mais qui n'en fonctionne pas moins à un régime intensif.
Quelque chose commence et finit dans le château de Sade. Ce qui finit, c'est l'assujettissement de l'objet à l'idée, mais en même temps l'asservissement de l'imaginaire à l'ordre du monde. Ce qui commence, c'est une suspicion infinie des apparences et à travers le plus dangereux jeu de miroirs la rencontre de la couleur noire.
De toutes les vertus que la nature nous a permis d'exercer sur la terre, la bienfaisance est incontestablement la plus douce. Est-il un plaisir plus touchant, en effet, que celui de soulager ses semblables ? et n'est-ce pas à l'instant où notre âme s'y livre qu'elle approche le plus des qualités suprêmes de l'Être qui nous a créés ?
À retenir
- La page réunit 21 citations tirées de 5 oeuvres, de Dorci (1881) aux Châteaux de la subversion (1982).
- Marquis de Sade est né en 1740 à Paris et mort en 1814 à Charenton-Saint-Maurice.
- Les Infortunes de la vertu (1787) et Les 120 journées de Sodome comptent parmi les textes signés de sa main.
Qui était Marquis de Sade
Marquis de Sade naît en 1740 à Paris et meurt en 1814 à Charenton-Saint-Maurice. Écrivain français, philosophe, libertin, hédoniste et athée, il est resté dans l'histoire sous le nom de marquis de Sade. Son oeuvre continue d'être publiée et commentée bien après sa mort : sur les cinq oeuvres citées dans cette page, deux datent d'après 1950, plus d'un siècle après sa disparition, preuve d'un intérêt qui ne s'est pas éteint.
Les citations de Marquis de Sade, avec leur source
Les vingt-et-un textes de cette page viennent des cinq oeuvres listées plus bas. Dans Les 120 journées de Sodome, une phrase sèche résume une morale du crime : « Rien n'encourage comme un premier crime impuni. » Dans Les Infortunes de la vertu (1787), un ton plus mesuré affleure : « La prière est la plus douce consolation du malheureux, il devient plus fort quand il a prié. » Dorci, ou La bizarrerie du sort, publié par Charavay frères en 1881, s'ouvre au contraire sur un éloge de la bienfaisance : « De toutes les vertus que la nature nous a permis d'exercer sur la terre, la bienfaisance est incontestablement la plus douce. »
| Oeuvre | Année |
|---|---|
| Les 120 journées de Sodome | non précisée dans les faits |
| Les Infortunes de la vertu, 1787 | 1787 |
| Dorci, ou La bizarrerie du sort | 1881 |
Les œuvres d'où viennent ces citations
Deux groupes se distinguent parmi les cinq oeuvres citées. D'un côté, les textes signés par Sade lui-même : Les 120 journées de Sodome, Les Infortunes de la vertu (1787), Dorci, ou La bizarrerie du sort (édité en 1881 chez Charavay frères) et Écrits politiques (Jean-Jacques Pauvert, 1957). De l'autre, un seul ouvrage publié bien après sa mort qui l'étudie : Les châteaux de la subversion (Garnier Frères, 1982).
- Les Infortunes de la vertu, 1787 : le récit d'une vertu éprouvée par le malheur.
- Les 120 journées de Sodome : les phrases les plus tranchantes de la sélection.
- Dorci, ou La bizarrerie du sort (Charavay frères, 1881) : un texte court sur la bienfaisance.
- Écrits politiques (Jean-Jacques Pauvert, 1957) : l'adresse directe au peuple.
- Les châteaux de la subversion (Garnier Frères, 1982) : la seule lecture de Sade publiée après sa mort réunie ici.
Domaine public : ce que cela autorise
Les textes qu'un auteur signe entrent dans le domaine public 70 ans après sa mort : mort en 1814, Sade y est depuis longtemps, et ses écrits comme Les Infortunes de la vertu ou Les 120 journées de Sodome peuvent être reproduits, adaptés ou vendus librement. L'autre oeuvre citée ici, publiée en 1982, porte sur une lecture plus récente de Sade : cette page en cite des extraits courts, sourcés, sans se prononcer sur le régime de droits propre à chacune.
D'autres pages du Florilège prolongent certains thèmes présents chez Sade : les citations sur la tristesse et les citations tristes sur la vie côtoient le malheur que décrivent Les Infortunes de la vertu, les citations sur la naissance et les citations sur le voyage élargissent le cadre biographique, et les citations sur la mort referment la boucle ouverte par la sienne, en 1814.
Les 17 autres citations
… ce château que la pensée libertine ne cherche qu'à remplir d'expériences, de certitudes, cette forteresse que la protestation sociale ne cherche qu'à remplir d'ignominies pour justifier sa véhémence, cette ruine que le courant sentimental ne cherche qu'à remplir d'émotions, Sade le vide. Mais avec pour précaution initiale une magnificence d'idées, d'objets, de corps, comme pour rendre plus bouleversante cette annulation lyrique.
Sade décrit l'espace de ce qui ne devait pas, ne pouvait pas en avoir, comme s'il faisait apparaître sous le langage la texture organique de l'imaginaire. Car, à l'inverse de la trajectoire libertine qui décrit un lieu fermé et l'explore pour en prendre possession, la pensée de Sade se développe en structure cellulaire qui, par leurs tourbillons, dévoie la clôture vers la prolifération, la possession vers le manque, le nombre vers le vide. Le cérémonial de Sade est tout entier dans ce jeu tragique où l'indifférent devient à son insu fanatique, serait-ce fanatique de l'indifférence.
Rien n'encourage comme un premier crime impuni.
La prière est la plus douce consolation du malheureux, il devient plus fort quand il a prié.
... quand une société entière commet les mêmes fautes, elle se les pardonne assez communément.
Ce n'est pas dans la jouissance que consiste le bonheur, c'est dans le désir, c'est à briser les freins qu'on oppose à ce désir.
M. Dubourg : … cette vertu dont vous faites tant d'étalage, ne sert à rien dans le monde, vous aurez beau en faire parade, vous ne trouverez pas un verre d'eau dessus.
C'est l'instant du réveil qui est le plus fatal pour les infortunés ; le calme des idées, l'oubli instantané de leurs maux, tout les rappelle au malheur avec plus de force, tout leur en rend alors le poids plus onéreux.
[…] le coupable nourrit au fond de son cœur un ver qui, le rongeant sans cesse, l'empêche de jouir de cette lueur de félicité qui l'environne et ne lui laisse au lieu d'elle que le souvenir déchirant des crimes qui la lui ont acquise.
... si le crime n'a pas ce genre de délicatesse qu'on trouve dans la vertu, n'est-il pas toujours plus sublime, n'a-t-il pas sans cesse un caractère de grandeur et de sublimité qui l'emporte et l'emportera toujours sur les attraits monotomes et efféminés de la vertu ?
... la seule façon de servir la nature est de suivre aveuglément ses désirs, de quelque espèce qu'ils puissent être, parce que, pour la maintien de ses lois, le vice lui étant aussi nécessaire que la vertu, elle sait nous conseiller tour à tour ce qui devient pour l'instant nécessaires à ses vues.
C'est une véritable maladie de l'âme que la dévotion ; on a beau faire, on ne s'en corrige point. Plus facile à s'imprégner dans l'âme des malheureux, parce qu'elle les console, parce qu'elle leur offre des chimères pour les consoler de leurs maux, il est plus difficile encore de l'extirper dans ces âmes-là que dans d'autres.
O vous qui lirez cette histoire, puissiez-vous en tirer le même profit que cette femme mondaine et corrigée, puissiez-vous vous convaincre avec elle que le véritable bonheur n'est que dans le sein de la vertu et que si Dieu permet qu'elle soit persécutée sur la terre, c'est pour lui préparer dans le ciel une plus flatteuse récompense.
... je lui fis comprendre combien sont vils les liens qui nous enchaînent aux auteurs de nos jours ; je lui démontrai qu'une mère, pour nous avoir porté dans son sein, au lieu de mériter de nous quelque reconnaissance, ne méritait que de la haine, puisque, pour son seul plaisir, et au risque de nous exposer à tous les malheurs qui pouvaient nous atteindre dans le monde, elle nous avait cependant mis au jour dans la seule intention de satisfaire sa brutale lubricité.
Il n'y a, poursuivit-il, rien de foncièrement bien et rien de foncièrement mal ; tout n'est que relatifs à nos mœurs, à nos opinions et à nos préjugés. Ce point établi, il est extrêmement possible qu'une chose parfaitement indifférente en elle-même soit pourtant indigne à vos yeux et très délicieuse aux miens, et dès qu'elle me plaît, d'après la difficulté de lui assigner une place, dès qu'elle m'amuse, ne serais-je pas un fou de m'en priver seulement parce que vous la blâmez ?
« Il y a tout plein de gens, disait le duc, qui ne se portent au mal que quand leur passion les y porte ; revenue de l'égarement, leur âme tranquille reprend paisiblement la route de la vertu, et passant ainsi leur vie de combats en erreurs et d'erreurs en remords, ils finissent sans qu'il puisse devenir possible de dire précisément quel rôle ils ont journé sur la terre. De tels êtres, continuait-il, doivent être malheureux : toujours flottants, toujours indécis, leur vie entière se passe à détester le matin ce qu'ils ont fait le soir. »
Le désordre de la nature porte avec lui une sorte de piquant qui agit sur le genre nerveux peut-être bien autant et avec plus de force que ses beautés les plus singulières. Il est d'ailleurs prouvé que c'est l'horreur, la vilenie, la chose affreuse qui plaît quand on bande : or, où se rencontre-t-elle mieux qu'en un objet vicié ? Certainement si c'est la chose sale qui plaît dans l'acte de la lubricité, plus cette chose est sale, plus elle doit plaire, et elle est sûrement bien plus sale dans l'objet vicié que dans l'objet intact ou parfait.
Questions fréquentes
Quelle est la citation la plus connue de Marquis de Sade ?
« Rien n'encourage comme un premier crime impuni. », tirée des 120 journées de Sodome, reste la formule la plus reprise de cette sélection.
De quelle œuvre viennent les citations de Marquis de Sade ?
Cette page cite cinq oeuvres : Les 120 journées de Sodome, Les Infortunes de la vertu (1787), Dorci, ou La bizarrerie du sort, Écrits politiques et Les châteaux de la subversion.
Les textes de Marquis de Sade sont-ils libres de droits ?
Les écrits signés par Sade, mort en 1814, relèvent du domaine public depuis longtemps. Les ouvrages publiés après lui, en 1957 et 1982, suivent un régime de droits distinct, propre à chaque édition.
Comment citer Marquis de Sade correctement dans un devoir ou un discours ?
Indiquer l'oeuvre exacte, l'éditeur et l'année de l'édition utilisée : par exemple Les Infortunes de la vertu, 1787, plutôt qu'une phrase isolée sans référence.
Sources et méthode
Les textes de cette page viennent de Wikiquote et du Wiktionnaire, sous licence CC BY-SA 3.0. Chacun garde son auteur, son œuvre et l'édition d'où il est tiré, et un lien vers sa page d'origine. Le site ne publie que des auteurs entrés dans le domaine public français, c'est-à-dire morts en 1955 ou avant.