Citations
Citations sur la mer : liberté, infini et tempêtes intérieures
La mer, dans cette sélection de cinquante-quatre textes, sert rarement à décrire un paysage. Elle figure la liberté chez Baudelaire, l'infini chez Desnos ou Picabia, une tempête intérieure chez Klee. Les descriptions purement maritimes restent minoritaires ; les métaphores dominent, et souvent se contredisent d'un auteur à l'autre.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
Il ne revint jamais. Une nuit d'août, là-bas, au large de la sombre Islande, au milieu d'un grand bruit de fureur, avaient été célébrées ses noces avec la mer.
La mer, pareille à une nuit, élève jusqu’aux rochers où je suis, d’énormes grises d’écume toute blanche ; il y a dans les flots comme une poitrine qui râle.
Ô que de fois on te vit, parmi les vagues du vaste océan enflé, les dominer comme une montagne, les conquérir et les subjuguer, et de ton dos aux noires nageoires, fendre les ondes salées, dans ta course majestueuse et superbe.
La bonne brise donnait, la blanche écume moussait, Le sillage suivait libre : Nous étions les premiers à faire intrusion Dans cette mer de silence.
À retenir
- Cinquante-quatre citations et proverbes sur la mer composent cette sélection, tous sourcés et datés quand l'information existe.
- L'édition la plus ancienne citée remonte à 1853 (Cléopâtre VII, Vie des hommes célèbres) et la plus récente à 2019 (Léonard de Vinci, Carnets), soit cent soixante-six ans d'écart entre les deux.
- La sélection privilégie la mer comme métaphore de la liberté ou de l'infini plutôt que la simple description d'un paysage maritime.
Notre sélection sur la mer
Cinquante-quatre textes composent cette page, proverbes et citations d'auteurs mêlés, tous du domaine public. Chacun affiche son oeuvre, son éditeur et son année d'édition quand cette information est connue. L'édition la plus ancienne citée date de 1853, avec un mot prêté à Cléopâtre VII dans les Vies des hommes célèbres ; la plus récente vient des Carnets de Léonard de Vinci, publiés par Gallimard en 2019.
Pierre Loti, dans Pêcheur d'Islande (Calmann-Lévy, 1913), fait de la mer une fiancée mortelle : le marin qui ne revient pas a célébré, dit le texte, ses noces avec elle. Paul Éluard, dans Donner à voir (Gallimard, 1986), prend l'angle inverse et fait de la mer un signe parmi d'autres d'un devenir infini : « Pas un jeu de mots. Tout est comparable à tout, tout trouve son écho, sa raison, sa ressemblance, son opposition, son devenir partout. Et ce devenir est infini. » Pour un autre registre poétique construit sur les mêmes correspondances, les Citations sur la musique suivent une logique voisine. Les amateurs de formats courts trouveront un complément du côté des Pensées et citations, qui rassemblent des formules brèves sur d'autres thèmes.
| Auteur | Citation | Oeuvre, année |
|---|---|---|
| Charles Baudelaire | « Le Poète est semblable au princes des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer ; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher. » | Les Fleurs du mal, 1949 |
| Robert Desnos | « Nul paradis n'est permis à qui s'est rendu compte un jour de l'existence de l'infini. » | La Liberté ou l'Amour, 1982 |
| Paul Klee | « La tempête me clarifie et la vie me captive. » | Journal, 1999 |
| Noëlle Roger | « Pensez-vous arrêter le cheminement des ondes ? Nos actes… comme les ondes… se propagent à l'infini… » | Le nouveau Lazare, 1935 |
Ce que les auteurs disent de la mer
Le corpus divise les vagues en épreuve fatale ou en épreuve formatrice. Pierre Loti fait de la mer une fiancée qui garde son marin à jamais. Adam Mickiewicz, dans ses Œuvres poétiques complètes (1859), voit dans la vague une tentation qui trie plutôt qu'elle ne tue : « La tentation est une vague ; elle submerge les mauvais nageurs et porte les bons. » L'une engloutit sans distinction, l'autre récompense ceux qui savent nager.
Un deuxième désaccord porte sur la tempête. Paul Klee, dans son Journal (Grasset, 1999), lui prête une vertu : elle clarifie et rend la vie captivante. Renée Vivien, dans La Dame à la Louve (Alphonse Lemaire, 1904), voit au contraire des vagues sans grâce, hostiles : « Les vagues ressemblaient à de monstrueux volcans enveloppés de fumées blanches. Ou plutôt, non, elles ne ressemblaient à rien. Elles étaient elles-mêmes, magnifiques, terribles, mortelles... » Même image, deux verdicts opposés sur ce qu'elle apporte. Cette tension entre menace et liberté traverse aussi les Citations sur la liberté.
Un troisième point sépare la sélection sur l'infini que suggère la mer. Robert Desnos y voit une fin de paradis possible : celui qui a mesuré l'infini ne connaît plus le repos. Francis Picabia, dans Histoire de voir, en tire au contraire une image joyeuse et absurde, où la mer se jette dans un fleuve de tabac turc pour monter vers l'Infini. Le même horizon inspire à l'un une gravité mélancolique, à l'autre une pirouette.
Choisir sa citation selon l'usage
Une carte ou un tatouage demandent une phrase brève, autonome. « La tempête me clarifie et la vie me captive. » de Paul Klee tient en une ligne et se passe de contexte : elle convient à une légende de photo comme à un message court. Le proverbe « Le calme avant la tempête. » suit la même logique de brièveté et reste immédiatement reconnaissable.
- Carte ou légende de photo : les formules d'une phrase, comme celle de Paul Klee ou le proverbe sur le calme avant la tempête.
- Discours ou dédicace dans un livre : les textes développés, comme la strophe de Victor Hugo sur les navires et leur étoile.
- Faire-part ou texte de mariage : à éviter, le passage de Pierre Loti où la mer devient une fiancée mortelle.
- Tatouage : les images courtes et autonomes, jamais une phrase qui dépend d'une strophe entière pour se comprendre.
La strophe de Victor Hugo, extraite de La Légende des siècles (Calmann-Lévy, 1883), convient mieux à un texte long : « Ces bâtiments qui font voile Suivent chacun leur étoile Et leur dessein ; Et l'eau bat toutes les proues, Et l'air souffle à pleines joues Sur cet essaim. » Coupée, l'image de l'étoile perd son ancrage marin ; entière, elle se lit comme une méditation sur le destin, proche des Citations sur les étoiles. Pour un choix plus large de formules déjà éprouvées, les Citations célèbres couvrent d'autres thèmes que la mer.
Vérifier avant de partager
Pêcheur d'Islande, le roman d'où vient la phrase de Pierre Loti sur les noces avec la mer, a été publié par Calmann-Lévy en 1913 : nom, titre, maison d'édition et date se vérifient ensemble dans une bibliothèque ou une base bibliographique. Une phrase qui circule sans ce quadruple repère, attribuée à un nom seul, ne permet aucun contrôle de ce genre.
Les proverbes suivent une règle différente : ils n'ont pas d'auteur, seulement une origine, française, japonaise ou espéranto selon les cas, et parfois un sens rapporté. Leur prêter un nom d'écrivain serait une erreur autant qu'une citation d'auteur mal attribuée. La même prudence vaut pour toute formule trouvée ailleurs, y compris sur les Citations sur la vie, où les attributions douteuses circulent tout autant.
Un piège propre aux textes traduits ou réédités
Les Carnets de Léonard de Vinci datent d'un manuscrit ancien, mais l'édition citée ici porte l'année 2019, celle de la parution chez Gallimard, pas celle de la rédaction originale. Vérifier une citation issue d'un texte ancien suppose donc de distinguer l'oeuvre elle-même de l'édition consultée avant de reprendre son millésime.
Les 49 autres citations
D'un tel vouloir le serf point ne désire La liberté, ou son port le navire, Comme j'attends, hélas, de jour en jour, De toi, Ami, le gracieux retour.
Au-dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible. L'irrémédiable, c'est de ressentir de telle sorte qu'à toutes les extémités règne la tempête et nulle part un maître qui commande au chaos.
Les vagues ressemblaient à de monstrueux volcans enveloppés de fumées blanches. Ou plutôt, non, elles ne ressemblaient à rien. Elles étaient elles-mêmes, magnifiques, terribles, mortelles...
Il dépend de nous que l'infini ne manque pas du fini. Que le parfait ne manque pas de l'imparfait.
M. Proudhon n’est jamais parvenu à former que de légers amas de sable que balaie ensuite le souffle même de celui qui les a élevés.
Je partirai vers la côte où jamais un navire n'aborde ; il s'en présentera un, un drapeau noir à l'arrière. Les rochers s'écarteront. Je monterai.
Notre âge est l'infini et l'infini veut que la rencontre, la coïncidence ait lieu aujourd'hui dans un wagon roulant vers la catastrophe.
Ces bâtiments qui font voile Suivent chacun leur étoile Et leur dessein ; Et l'eau bat toutes les proues, Et l'air souffle à pleines joues Sur cet essaim.
C'est décourageant le sable. Rien n'y pousse. Tout s'y efface.
Pour en finir Une tombe ornée de très jolis bibelots Un voile de soie sur les lenteurs de la luxure Pour en finir Une hache dans le dos d'un seul coup.
La tempête me clarifie et la vie me captive.
Je me sentais à l'aise dans la « tempête de la vie ». Un peu de calme eût été plus sain, mais impossible.
Le savoir, au fond, n'est que la conscience des couleurs que notre propre vision imprime sur une traînée d'écume dans l'océan de l'être.
La tentation est une vague ; elle submerge les mauvais nageurs et porte les bons.
Les rats quittent le navire.
Les gens se désolidarisent, parce qu’ils ne voient pas d’issue ou de solution.
Quand le bateau coule, les rats partent les premiers.
Variante de les rats quittent le navire.
Elle était hostilement pure comme une de ces petites bêtes marines qui vivent tapies en un coquillage aux parois de nacre… Je vis la contraction douloureuse de tout son visage brun.
La pensée est notre seule liberté, une liberté fragile que nous ne savons pas ordonner, notre seule fenêtre ouverte sur l’infini - mais dont le moindre souffle referme le battant.
Hurler avec les loups, aimer nos demoiselles, Serrer ces mains sauçant dans de vagues vaisselles !
Il y avait autrefois un grain de sable qui se lamentait d'être un atome ignoré dans le désert ; au bout de quelques années il devint diamant, et il est à présent le plus bel ornement de la couronne du roi des Indes.
Le Poète est semblable au princes des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer ; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Le calme avant la tempête.
嵐の前の静けさ · Arashi no mae no shizukesa
Ne mets pas du sable dans mon Attiéké.
Qui sème le vent, récolte la tempête.
Accommodez-vous, le pays est large.
Cœur étroit n’est jamais au large.
Elle est large la voie qui mène en enfer.
Femme de marin, femme de chagrin.
Fort vin émeut souvent grande tempête.
Grand nau (navire) veut grande eau et gros moine gras veau.
Que veut dire la nature ? Est-elle une entité vivante ayant une volonté et un destin comme les marins le pensent de leurs navires ?
Où est-il le temps des galères et celui des caravelles ? Il est loin comme une minute de sable dans le trébuchet du destin.
Je sais quelle est l’agonie d’un navire pris dans la banquise, je connais le râle froid et la mort pharaonique des explorateurs arctiques et antarctiques, avec ses anges rouges et verts et le scorbut et la peau brûlée par le froid.
Nul paradis n'est permis à qui s'est rendu compte un jour de l'existence de l'infini.
Pas un jeu de mots. Tout est comparable à tout, tout trouve son écho, sa raison, sa ressemblance, son opposition, son devenir partout. Et ce devenir est infini.
J’ai l’air de parler à la foule pour l’amuser. En réalité, je parle à quelques âmes d’exception qui discernent ma pensée et l’aperçoivent sous le voile.
Celui qui ne veut pas, celui qui n’a plus la volonté de soulever le voile, celui-là n’est pas un disciple véritable, digne d’être à Saïs.
Adriano, qui n'était pas encore endormi, l'accueillit volontiers et, avec joie et sans mot dire, sur le champ mit la voile au grand plaisir de la bonne femme.
Il n’y a plus de races, toutes les familles humaines s’étant entremêlées à l’infini depuis la fondation du monde. Mais il y a des milieux et il y a des langues.
Pensez-vous arrêter le cheminement des ondes ? Nos actes… comme les ondes… se propagent à l’infini…
Paris est plus grand que Picabia mais Picabia est la capitale de Paris ; Breton est un grand fleuve de tabac turc et la mer se jette dans ce fleuve pour monter vers l’Infini.
Hélas ! les vices de l’homme, si pleins d’horreur qu’on les suppose, contiennent la preuve (quand ce ne serait que leur infinie expansion !) de son goût de l’infini.
Parce qu'il y avait de la place dans le canot. On était en train de l'affaler. J'ai senti que le navire sombrait, et j'ai sauté dans le canot.
Je ne peux pas imaginer une situation susceptible de faire sombrer un navire. Je ne peux concevoir qu'un malheur puisse frapper ce vaisseau. La construction navale est au delà de cela.
Je me suis senti très proche de lui et des siens. J'ai vécu un grand pan de ma vie avec lui, et toutes nos disputes n'ont été que l'écume apportée par la bêtise de la vie.
Général, laisse-nous la ligne de la canne à pêche, à nous qui régnons au Phare et à Canope ; ta chasse, à toi, c’est de prendre les villes, les rois et les continents.
O intarissable pêle-mêle, les déplacements de plans, le soleil sanglant, la profonde mer semée de voiles inclinées. Matière sur matière, au point qu'on pourrait s'y dissoudre. Être homme, être antique, naïf et rien, pourtant heureux.
Le fondement moral du principe d’autorité n’est ni plus solide ni plus large, sous un régime de monopole ou de communisme, qu’il ne pourrait l’être sous un régime de liberté.
Rien de plus beau en ce monde Que l’onde, Jument aux beaux crins d’écume Blanchis. Quand elle s’élance capricieuse Et brumeuse, Quand elle entre en fureur avec l’ouragan En hurlant !...
Questions fréquentes
Combien de citations sur la mer cette page publie-t-elle ?
Cette page publie cinquante-quatre citations et proverbes sur la mer, chacun accompagné de son auteur, son oeuvre, son éditeur et son année quand cette information est connue et vérifiable.
Quelle est la citation sur la mer la plus connue de cette page ?
Le proverbe « Le calme avant la tempête. » figure parmi les formules les plus reprises de la sélection ; il n'a pas d'auteur identifié, contrairement aux citations signées de Baudelaire ou de Desnos qui l'accompagnent sur cette page.
Peut-on utiliser ces citations librement ?
Oui : la cinquantaine d'auteurs réunis sur cette page, de Pierre Loti à Cléopâtre VII citée par un biographe, sont tous morts en 1955 ou avant, la limite qui place un texte dans le domaine public en France, quel que soit l'éditeur de l'édition consultée.
Comment savoir si une citation est bien de l'auteur annoncé ?
En distinguant l'oeuvre de son édition : les Carnets de Léonard de Vinci datent d'un manuscrit ancien mais portent ici le millésime 2019, celui de la parution chez Gallimard consultée pour cette page, pas celui de la rédaction du texte.
Sources et méthode
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