Citations
Citations sur la sexualité : le registre littéraire des classiques
Soixante citations abordent la sexualité dans le registre littéraire du corpus, jamais graveleux : Léonard de Vinci y oppose passion intellectuelle et sensualité, quand Hildegarde de Bingen fait de la chair une force vitale, à l'image de l'humidité qui fait fructifier la terre.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
Caresse l'horizon de la nuit, cherche le cœur de jais que l'aube recouvre de chair.
L'éléphant se laisse caresser. Le pou, non. Je ne vous conseille pas de tenter cet essai périlleux.
Zaïre : On ne peut désirer ce qu'on ne connaît pas.
Je n'aurai rien à désirer, si votre bibliothèque est accompagnée d'un jardin.
À retenir
- 60 citations sourcées composent cette sélection sur la sexualité, dont quinze proverbes, chacune avec son auteur, son œuvre, son éditeur et son année.
- Six auteurs reviennent plusieurs fois dans le corpus : Paul Éluard, Robert Desnos, James Joyce, Charles Fourier, le Comte de Lautréamont et Voltaire.
- Les éditions vont de 1824 à 2022, un écart de cent quatre-vingt-dix-huit ans entre le texte le plus ancien et l'édition la plus récente.
Notre sélection sur la sexualité
60 citations composent cette sélection, choisies dans un registre littéraire et pudique plutôt que cru, à l'image des auteurs classiques qui dominent le corpus. Quinze proverbes s'y ajoutent ; certains, comme ceux sur la peau de l'ours ou du loup, ne partagent avec le thème qu'un mot de vocabulaire et n'ont donc pas leur place ici. Les auteurs identifiés sont datés et édités : soixante fiches relient chacune un nom, un titre, une maison et une source vérifiable.
Léonard de Vinci pose la tension centrale en une ligne, dans ses Carnets : « La passion intellectuelle met en fuite la sensualité. » Paul Éluard répond par une image, dans Capitale de la douleur : « Caresse l'horizon de la nuit, cherche le cœur de jais que l'aube recouvre de chair. » Charles Fourier, enfin, traite le sujet en penseur social plutôt qu'en poète, dans Le Nouveau Monde industriel et sociétaire, où les passions deviennent affaire d'organisation collective plus que d'anecdote intime.
Ce que les auteurs disent de la sexualité
Une première ligne de force sublime le désir en force spirituelle. Vinci, cité plus haut, en fait un obstacle à la pensée. Hildegarde de Bingen, dans Le livre des œuvres divines, en fait au contraire une force vitale et féconde : « Elle est la viridité de la chair, puisque c'est elle qui assure la croissance et le développement du corps de l'homme : de même l'humidité fait fructifier la terre. »
Une seconde ligne interroge le lien entre désir et connaissance. Voltaire, dans le Théâtre de Voltaire, fait dire à Zaïre : « On ne peut désirer ce qu'on ne connaît pas. » Mel Bonis, plus sévère, dénonce l'excès inverse dans ses Souvenirs et Réflexions : « La débauche, sous toutes ses formes, est-elle autre chose que la vulgarité de l'instinct ? » L'un fait du désir une conséquence naturelle du savoir, l'autre en dénonce le dérèglement possible.
Une troisième ligne oppose l'embrassement poétique du sujet à l'ironie mondaine. Robert Desnos invite à l'accepter sans détour, dans La Liberté ou l'Amour : « Pénètre en toi-même et reconnais l'excellence des ordres de la sensualité. » François de La Rochefoucauld, dans les Maximes, garde ses distances avec un trait plus cynique : « On garde longtemps son premier amant, quand on n'en prend point de second. »
Choisir sa citation selon l'usage
Une carte, un discours, une dédicace, une légende de photo ou un tatouage n'appellent pas le même texte de cette sélection ; la sobriété du corpus laisse peu de place à l'humour appuyé.
| Usage | Texte conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Carte | Maxime de La Rochefoucauld citée plus haut | Une ligne unique, ironique sans être crue |
| Discours | Hildegarde de Bingen, citée plus haut | Une image longue et posée, adaptée à une lecture publique |
| Légende | Image de l'oiseau de James Joyce | Un détour métaphorique qui évite toute allusion directe |
La maxime de La Rochefoucauld citée plus haut convient à une carte ou à un tatouage : une seule phrase, ironique sans être crue. Pour un discours ou une dédicace, le développement de Hildegarde de Bingen se prête mieux à une lecture posée. James Joyce, dans Ulysse, offre une image détournée qui convient à une légende de photo : « L'instinct, c'est comme cet oiseau qui mourait de soif et qui a pu boire l'eau de la cruche en jetant des cailloux dedans. » À l'inverse, les jeux de mots crus que compte aussi le corpus, chez certains poètes du même siècle, ne conviennent à aucun de ces usages : ils sortent du registre pudique que cette page s'impose.
Vérifier avant de partager
Les formules sur la sexualité circulent souvent hors de tout contexte, coupées de leur auteur réel. Sur cette page, chaque texte reste relié à une édition datée : auteur, œuvre, éditeur, année. Le corpus s'étend de 1824, année de Claire d'Albe de Sophie Cottin, à 2022, année d'une biographie de Catherine II parue chez Perrin, soit cent quatre-vingt-dix-huit ans d'éditions consultées.
Avant de partager une citation
L'auteur annoncé correspond-il à un nom identifié dans la source ? L'œuvre, l'éditeur et l'année figurent-ils avec le texte ? Un lien mène-t-il jusqu'à l'édition d'origine ? Une phrase qui circule sans ces repères reste à vérifier avant d'être reprise.
D'autres pages du site prolongent ce thème sous un jour différent : les citations sensuelles et les citations coquines assument un ton plus direct, les citations sur la passion et les citations romantiques restent sur un registre proche de celui-ci, tandis que les citations sur l'art et les citations sur le regard abordent le corps par un autre biais, esthétique plutôt que charnel.
Les 56 autres citations
La passion intellectuelle met en fuite la sensualité.
Le sentiment le plus passionné ne saurait lutter contre l'ordre des choses. La société est trop puissante.
Elle est la viridité de la chair, puisque c'est elle qui assure la croissance et le développement du corps de l'homme : de même l'humidité fait fructifier la terre.
Vieillard de trente étés, mon cœur n’a plus de flamme. Je m’en vais las, courbé, sans joie et sans émoi. La colombe roucoule et l’amante se pâme, Tout s’aime et se caresse en vain autour de moi.
La moralité, c'est l'instinct du troupeau chez l'individu.
L'instinct, c'est comme cet oiseau qui mourait de soif et qui a pu boire l'eau de la cruche en jetant des cailloux dedans.
Silence. Le silence éclatant de ses rêves Caresse l'horizon.
On garde longtemps son premier amant, quand on n'en prend point de second.
Cannibale, mais ingénue, elle est assise, toute nue, sur une peau de kanguroo, dans l'île de Tamamourou !
Les poux aussi viv’nt de not’ peau !
L'argent et la sexualité sont les vrais mystères de la vie! La vanité et l'ambition sont les mystères irréels!
Caresse de chien donne des puces.
Flatterie hypocrite n'apporte rien de bon à celui qui la reçoit.
En tel peau qu’a le loup quand il naît, mourir lui échet échet.
échoit
Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
Il ne faut pas croire que quelque chose est certain avant que cela n’arrive.
On ne peut pas organiser des Séries passionnées sans une grande inégalité de fortune, caractères, goûts et instincts : si cette échelle d’inégalité n’existait pas, il faudrait la créer, l’établir en tous sens, avant de pouvoir associer le passionnel.
Un instinct est un mécanisme plus ou moins inné, à l'aide duquel un individu réagit à une situation spécifique par un mode de comportement défini, en vue de la satisfaction de certains désirs organiques.
Pour former une phalange de séries passionnées (un canton sociétaire de 1800 personnes), il faut faire éclater au moins cinquante mille discords, avant d’organiser les accords.
Deux cœurs animés d’une semblable passion ont un instinct plus sûr que notre adresse ; ils sont dans un autre univers, ils parlent un autre langage ; sans se voir ils s’entendent, sans se communiquer ils se comprennent.
J’ai des ressacs mugissants dans mes mains aux heures d’amour…Et trop souvent j’étreins d’irréelles écumes blanches qui fuient sous mon désir de chair…
Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours Qu’on ne l’ait mis par terre.
Est-ce que la caresse des putains excuse la paresse des culs teints ?
Devenant tout à coup physiologiste par instinct, il rendait compte des ressemblances animales inscrites sur les figures humaines, par des analogies primordiales et par le mouvement ascendant de la création.
Vous, vous jugez selon la chair ; moi, je ne juge personne.
Mon amant m’a donné à choisir, la drogue ou lui.
On perd son temps à tanner la peau d'un cochon.
Tu ne peux pas avoir la peau du lion sans l'avoir tué.
Chair de mouton, manger de glouton.
En la peau de brebis, ce que tu veux s’y écrit.
En la peau où le loup est, il y meurt.
Enfant par trop caressé, mal appris et pis réglé.
Entre chair et ongle, piquer ne dois cousin ni oncle.
Faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
Faut pas vendre la peau du loup avant de l’avoir tué.
Faut pas vendre la peau du loup avant d’avoir tiré la bête.
Fol est qui perd la chair pour les os.
Hardi amant n’est point honteux.
Je me sens tellement un avec elle que je reste longtemps sans lui adresser la parole, comme seul. Peut-on désirer davantage ?
L'amour, la haine, vous n'avez qu'à choisir, tout couche sous le même toit ; et vous pouvez, doublant votre existence, caresser d'une main et frapper de l'autre.
Ce qu’il y a de pire dans l’erreur, ce n’est pas ce qu’elle a de faux, mais ce qu’elle a de volontaire, d’aveugle et de passionné.
La raison profonde qui guide l’humanité n’est pas la douleur. Le secret instinct de nos âmes, c’est la sympathie, le grand désir de nos poitrines, c’est la joie.
Pénètre en toi-même et reconnais l'excellence des ordres de la sensualité.
L'émancipation du travail n'est possible que par l'entente et l'union intime des opprimés du capital, sans distinction de sexe, de races et de nationalités.
L’idée de la mort, la présence de la mort aux lits de luxure, est une terrible, une mystérieuse excitation à la volupté.
Elle était de fait une bonne paysanne, fraîche et plaisante à regarder, brunette et bien en chair et plus portée à savoir moudre qu'une autre.
La ville se tend vers le rail comme une vierge qui brise ses entraves, et se précipite au devant de son amant qui vient la féconder.
La débauche, sous toutes ses formes, est-elle autre chose que la vulgarité de l’instinct ?
Ah ! si le ciel, au lieu de jupes, m’avait donné une bonne culotte de peau…, je me ferais fort de répondre de tout.
Les mélodies entendues sont douces, mais celles qu’on n’entend pas Sont plus douces encore ; donc, suaves pipeaux, continuez de jouer : Non pour l’oreille sensuelle, mais des ballades plus chéries. Des ballades pour l’esprit, sans sonorités !
O régicide ! ton corset appartient aux mignons Et aux mignonnes de toutes sortes. Ta chair simple s'y développe, Tu t'y pourlèches dans la pourpre, ô nouveau médiateur !
La foule nuptiale au festin s'est ruée, Centaures et guerriers ivres, hardis et beaux ; Et la chair héroïque, au reflet des flambeaux, Se mêle au poil ardent des fils de la Nuée.
Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont.
L'art n'est pas seul à mettre du charme et du mystère dans les choses les plus insignifiantes ; ce même pouvoir de les mettre en rapport intime avec nous, est dévolu aussi à la douleur.
Baiser magistral des bouches ennemies. La reproduction est le propre de l'espèce, mais l'amour est le propre de l'individu. Je vous salue bien bas baisers de la chair. Moi aussi j’ai plongé ma tête dans les ténèbres des cuisses.
Dans sa tête les chiffres s'estompaient sans solution ; contrarié il les laissa échapper. Ses yeux se nourrissaient des chaînons luisants de chair hachée et il humait paisiblement la tiède exhalaison du sang de cochon cuit et aromatisé.
La vie est comme la musique: pour la composer on doit s’orienter par l’oreille, le sentiment et l’instinct, non par les règles. Néanmoins, c’est mieux de les connaître, parce que parfois elles aident dans des cas douteuses - quoique pas souvent.
Qu'avons-nous vu [dans l'affaire Dreyfus] sinon, en face de nous, un tel amas de saletés et de laideurs qu'à moins de nous en faire les complices, nous avons dû désirer de toutes nos forces que cela n'eût jamais eu lieu dans l'histoire du monde.
Questions fréquentes
Combien de citations sur la sexualité cette page publie-t-elle ?
60 citations sourcées sur la sexualité figurent sur cette page, dont quinze proverbes. Chaque texte signé y est daté et sourcé, du titre à la maison d'édition.
Quelle est la citation sur la sexualité la plus connue de cette page ?
La maxime de François de La Rochefoucauld reste la plus reconnaissable : « On garde longtemps son premier amant, quand on n'en prend point de second. » Son ironie discrète est typique du genre des Maximes.
Peut-on utiliser ces citations librement ?
Le corpus ne retient que des auteurs morts en 1955 au plus tard, condition qui place leurs textes dans le domaine public français. Les proverbes anonymes en sont dispensés par nature. L'édition précise mérite d'être vérifiée avant une reprise publique, en particulier pour une traduction récente comme celle de Joyce ou de Keats.
Comment savoir si une citation est bien de l'auteur annoncé ?
Chaque entrée de cette page renvoie à une source vérifiable, wikiquote dans la quasi-totalité des cas, qui permet de retrouver le texte dans son édition. Une phrase attribuée sans un tel lien, sur un thème aussi propice aux erreurs d'attribution, mérite d'être recoupée avant toute reprise.
Sources et méthode
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