Citations
54 citations sur le pardon, à autrui et à soi
Le Florilège réunit 54 citations sur le pardon, un mot qui recouvre deux gestes différents : pardonner à autrui, sur lequel s'interroge Louis XIV, et se pardonner à soi-même, que Lucie Delarue-Mardrus distingue dès 1910. Les textes vont de 1812 à 2025. Cette page les distingue, oppose trois désaccords entre auteurs et guide le choix d'un texte selon l'usage.
Page mise à jour le 01/09/2026
Pour commencer
On peut pardonner à un homme de faire quelque chose d'utile, pourvu qu'il ne l'admire pas. La seule excuse pour faire quelque chose d'inutile c'est de l'admirer intensément.
Je ne peux pardonner à un homme d'insulter une femme. Elle ne peut le provoquer en duel - ni s'abaisser à répliquer sur un ton semblable ; elle n'a d'autre choix que de subir l'outrage, qui ne doit jamais être excusé.
Voir, c’est comprendre, juger, transformer, imaginer, oublier ou s’oublier, être ou disparaître.
On ne peut pardonner que ce que l'on peut punir.
À retenir
- La sélection compte 54 citations sur le pardon, entre le pardon donné à autrui et le pardon qu'on s'accorde à soi-même.
- Six auteurs reviennent plusieurs fois : Oscar Wilde, Publius Syrus, Louis XIV, Ludwig Wittgenstein, Jules Renard et Jean de Rotrou.
- Les textes vont de 1812 (Pierre-Marc-Gaston de Lévis) à 2025 (Erik Satie), soit deux cent treize ans d'écart.
Notre sélection sur le pardon
Cette sélection réunit 54 citations sur le pardon, du domaine public. Le texte le plus ancien date de 1812 (Pierre-Marc-Gaston de Lévis, Maximes et réflexions sur différents sujets de morale et de politique, Renouard) ; le plus récent, de 2025 (Erik Satie, Écrits, Ivrea) : deux cent treize ans séparent les deux.
Simone Weil pose une limite au pardon, dans Mille pardons (Robert Laffont/bouquins/segher, 2010) : « On ne peut pardonner que ce que l'on peut punir. » Publius Syrus, dans ses Sentences de Publius Syrus traduites en français (C. L. F. Pancoucke, 1825), s'en méfie pour une autre raison : « Qui pardonne une faute engage à en commettre d'autres. » Oscar Wilde, dans De l'importance d'avoir de l'esprit (Le Pré aux Clercs, 1998), retourne le regard vers le public plutôt que vers l'offenseur : « Oui, le public est d'une merveilleuse tolérance. Il pardonne tout, sauf le génie. »
- Pardon donné à autrui : Simone Weil, Publius Syrus, Louis XIV, Oscar Wilde.
- Pardon de soi : Lucie Delarue-Mardrus.
- Pardon refusé ou impossible : un proverbe français, Edward Gibbon sur les Barbares.
- Pardon comme pirouette : Heinrich Heine.
Cette page traite le pardon en général ; pour un texte sur l'erreur qui le précède souvent, ou sur l'échec qu'il faut parfois accepter sans le demander à personne, direction citations sur les erreurs et citations sur l'échec.
Ce que les auteurs disent du pardon
Sur les conditions du pardon, Simone Weil et un dicton populaire ne s'accordent pas. Weil, dans Mille pardons (Robert Laffont/bouquins/segher, 2010), le rend conditionnel : « On ne peut pardonner que ce que l'on peut punir. » Le proverbe français, lui, l'étend sans réserve : « À tout péché miséricorde. » L'une lie le pardon à un pouvoir de sanction, l'autre l'en affranchit complètement.
Sur les effets du pardon, Publius Syrus et un proverbe français divergent aussi. Syrus, dans ses Sentences (C. L. F. Pancoucke, 1825), y voit un encouragement à la faute : « Qui pardonne une faute engage à en commettre d'autres. » Le proverbe, lui, en fait la suite naturelle d'un aveu : « Faute avouée est à moitié pardonnée. » L'un redoute la répétition, l'autre récompense la franchise.
Sur qui accorde le pardon, enfin, Lucie Delarue-Mardrus et Oscar Wilde regardent deux directions opposées. Delarue-Mardrus, dans Comme tout le monde (J. Tallandier, 1910), se tourne vers le pardon à soi-même : « Il est plus difficile de se pardonner des griefs mal définis que des torts précis. » Wilde, dans De l'importance d'avoir de l'esprit (Le Pré aux Clercs, 1998), se tourne vers le pardon du public, arbitraire : « Oui, le public est d'une merveilleuse tolérance. Il pardonne tout, sauf le génie. » L'une dépend de la clarté du tort qu'on se reconnaît, l'autre d'un critère qui échappe à celui qu'on juge.
Choisir sa citation selon l'usage
Le format varie fortement dans cette sélection. Une carte ou une légende de photo se contente d'un proverbe bref, comme « Faute avouée est à moitié pardonnée. » ou « À tout péché miséricorde. » : aucun contexte n'est nécessaire pour les comprendre. Pour une légende qui parle des femmes plutôt que du pardon lui-même, direction citations sur les femmes.
Un discours ou une dédicace longue supporte un texte qui développe un raisonnement, comme celui de Louis XIV dans ses Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin (Didier, 1860) sur la manière d'écouter amis et ennemis sans excès de confiance. Le tatouage, à l'inverse, réclame la concision d'un aphorisme comme celui de Publius Syrus sur la faute qui en engage d'autres.
| Usage | Longueur | Exemple de cette page |
|---|---|---|
| Carte | courte | proverbe sur la faute avouée |
| Tatouage | courte | Publius Syrus sur la faute qui en engage d'autres |
| Discours | longue | Louis XIV, Mémoires, Didier, 1860 |
| Ironie | courte | Heinrich Heine sur Dieu et son métier |
Le mot d'esprit convient à un usage léger, jamais à une dédicace sincère : Heinrich Heine, dès 1856, le montre bien : « Dieu me pardonnera, c'est son métier ! », un ton à réserver à l'humour plutôt qu'à des excuses véritables. Pour un texte sur ce qui a précédé la faute plutôt que sur le pardon qui la suit, direction citations sur l'ignorance, et pour un pardon refusé jusqu'à la revanche, direction citations sur la vengeance.
Vérifier avant de partager
Une phrase sur le pardon, détachée de son auteur, perd ce qui permettrait de la vérifier. Sur cette page, l'écart va de 1812 (Pierre-Marc-Gaston de Lévis) à 2025 (Erik Satie, Écrits, Ivrea) : deux cent treize ans séparent ces deux textes, et chacun garde pourtant son auteur, son oeuvre et son année. Demander pardon reste avant tout un acte de communication : pour d'autres textes sur ce terrain, direction citations sur la communication.
Ce qui manque à une citation non sourcée
Un nom seul ne suffit pas : sans l'oeuvre, l'éditeur et l'année, rien ne prouve qu'une phrase sur le pardon n'a pas été reformulée ou attribuée par erreur avant de circuler.
L'outil de vérification du site confronte un texte trouvé ailleurs à cette sélection sourcée sur le pardon.
Les 50 autres citations
La générosité pardonne, et l'imprudence oublie.
Il est plus difficile de se pardonner des griefs mal définis que des torts précis.
Faute avouée à moitié pardonnée.
Variante de faute avouée est à moitié pardonnée : une faute confessée sera jugée avec plus de clémence.
Faute avouée est à moitié pardonnée.
quand on avoue une faute, on peut considérer que la réconciliation est sur la bonne voie
Notre pays, je crois, pardonnera plus rapidement un officier pour avoir attaqué un ennemi plutôt que l'avoir laissé seul.
Dieu me pardonnera, c'est son métier !
Ces Barbares s'enflammaient aisément ; ils ne savaient pas pardonner une injure, encore moins une insulte. Dans leur colère implacable, ils ne respiraient que le sang.
Oui, le public est d'une merveilleuse tolérance. Il pardonne tout, sauf le génie.
Qui pardonne une faute engage à en commettre d'autres.
Quiconque pardonne trop souvent punit presque inutilement le reste du temps.
Je pardonne aussi facilement un préjugé qui me choque qu’une langue que je n’entends pas.
Je vous adore, je vous hais je vous offense, je vous demande pardon je vous admire, j'ai honte de vous admirer. Enfin il n'y a plus en moi ni de calme ni de raison.
On ne cesse d'oublier d'aller jusqu'au fondement. On ne pose pas assez profond les points d'interrogation.
Les enfants commencent par aimer leurs parents ; En avançant en âge, ils les jugent ; il leur arrive de leur pardonner.
Le danger du succès, c'est qu'il nous fait oublier l'effroyable injustice du monde.
La charité entra dans mon cœur avec le besoin de m'oublier toujours, et depuis lors je fus heureuse.
Le seul moyen efficace de supporter la vie, c'est d'oublier la vie.
Je note les faits, hâtivement, pour ne pas les oublier, parce qu’il ne faut pas oublier.
Il y a une loi de beauté qu'il importe de ne pas oublier ! Malgré l'effort de quelques-uns, nous semblons marcher vers cet oubli, tant la Médiocrité, monstres à mille têtes, a de fidèles dans les sociétés modernes.
Le plaisir qu'il y a à comprendre certains raisonnements délicats dispose l'esprit en faveur de leurs conclusions.
Il n'est pas permis de blesser un ami, même en plaisantant.
La peur de l'ennui est la seule excuse du travail.
Les rochers sont l’excuse et l’ornement de la stérilité.
Le laisser-aller, le métissage anarchique ne constituent qu'un danger.
Léonard de Vinci est le seul homme capable de me réconcilier avec le style noble, sans que je sois pour autant convaincu de pouvoir m’en contenter longtemps.
Il ne peut rien comprendre des choses de la vie; un rien le rend rêveur.
J'ai perdu des amis par un rare caprice, quand je leur ai donné des livres que j'ai faits, comme gens offensez, sans pardonner jamais, bien qu'on n'ait point blessé leur méchant artifice.
L'oiseau sur le baobab ne doit pas oublier qu'il a porté des lunettes.
Si tu veux te saoûler afin d’oublier, il faudra que tu paies avant de commencer.
Femme et niais ne pardonnent jamais.
Se plaindre du style lourd, difficile à comprendre ou même pénible du Capital, c'est simplement reconnaître sa propre paresse d'esprit ou sa propre incapacité de penser.
Est-ce que la caresse des putains excuse la paresse des culs teints ?
La première chose à comprendre est que notre système social est construit sur la base d'un état de guerre permanent. Y en a-t-il parmi vous qui trouvent cela normal ?
Marilla Cuthbert : Cette enfant n'est pas facile à comprendre par bien des aspects. Mais je crois qu'elle va bien tourner. Une chose est sûre, avec elle chez soi, on ne s'ennuie jamais.
Ignorance of the law is no excuse.
Nul n'est censé ignorer la loi
À tout péché miséricorde.
Quand bien même un lion saurait parler, nous ne pourrions le comprendre.
Les humains demeurent relativement les mêmes, et cependant je constate que jamais une époque ne réussit à en comprendre une autre...
Peut être serait-ce un bienfait, pour un vieux peuple, de savoir plus facilement oublier : car le souvenir brouille parfois l'image du présent et l'homme, avant tout, a besoin de s'adapter au neuf.
Tout me fut une souffrance, car je n'avais pas encore le sentiment, si rassurant, si égoïste, de la beauté éparse dans les choses, de la beauté qui, seule, suffit à expliquer, à excuser ce malentendu, ce crime : l'univers.
C’est sagement fait que d’écouter tout le monde, et de ne croire entièrement ceux qui nous approchent, ni sur leurs ennemis, hors le bien qu’ils sont contraints d’y reconnaître, ni sur leurs amis, hors le mal qu’ils tâchent d’y excuser.
(Stendhal) Il supprime conjonctions de coordination, présentation des personnages, explications, supprime, supprime, supprime, et fait comprendre que la création se compose pour une bonne part de suppressions.
Il sera peut-être réservé à un artiste aussi dégagé de préoccupations esthétiques, aussi préoccupé d’énergie que Marcel Duchamp, de réconcilier l’Art et le Peuple.
Qui veut faire quelque chose trouve un moyen. Qui ne veut rien faire trouve une excuse.
Tout homme d'élite aspire instinctivement à sa tour d'ivoire, à sa retraite mystérieuse, où il est délivré de la masse, du vulgaire, du grand nombre, où il peut oublier la règle « homme », étant lui-même une exception à cette règle.
Pour moi, il vaut mieux être lumineux que propre, car le premier caractère est celui de l’âme, alors que le second se rapporte au corps. Vous m’excuserez : je suis un démocrate, et je sais ne pas être à la mode dans le monde moderne.
À un certain âge, on a tant éprouvé, tant souffert, que le cœur et l’esprit ont épuisé tous leurs moyens de consolation, et que la véritable philosophie ne consiste plus à chercher à adoucir ses peines, mais à tâcher de les oublier.
Nul ne peut voir par-dessus soi. Je veux dire par là qu'on ne peut voir en autrui plus que ce qu'on est soi-même, car chacun ne peut saisir et comprendre un autre que dans la mesure de sa propre intelligence.
Le Prince Ladislas (à Cassandre) : Car enfin, si l'on pèche, adorant vos appas, Et si l'on ne vous plaît qu'en ne vous aimant pas, Cette offense est un mal que je veux toujours faire, Et je consens plutôt à mourir qu'à vous plaire.
Cassandre (au Prince Ladislas) : Je pris en telle horreur vous et votre service, Que si je vous offense en ne vous aimant pas, Cette offense est un mal que je veux toujours faire, Et je consens plutôt à mourir qu'à vous plaire.
Questions fréquentes
Combien de citations sur le pardon cette page publie-t-elle ?
Cette page publie 54 citations sur le pardon, entre le pardon donné à autrui et le pardon qu'on s'accorde à soi-même.
Quelle est la citation sur le pardon la plus connue de cette page ?
La citation la plus connue de cette page est sans doute celle d'Heinrich Heine, datée de 1856 : « Dieu me pardonnera, c'est son métier ! »
Peut-on utiliser ces citations librement ?
Les auteurs cités sont tous morts en 1955 ou avant : les textes se citent librement. L'édition consultée (Gallimard, Grasset, Didier et les autres) reste, elle, protégée par le droit de l'éditeur.
Comment savoir si une citation est bien de l'auteur annoncé ?
L'oeuvre, l'éditeur et l'année, réunis pour chaque citation sur le pardon de cette page, permettent de retrouver l'édition d'origine et de confirmer l'attribution avec l'outil de vérification du site.
Sources et méthode
Les textes de cette page viennent de Wikiquote et du Wiktionnaire, sous licence CC BY-SA 3.0. Chacun garde son auteur, son œuvre et l'édition d'où il est tiré, et un lien vers sa page d'origine. Le site ne publie que des auteurs entrés dans le domaine public français, c'est-à-dire morts en 1955 ou avant.